A L’ATTENTION DU PARQUET MUNICIPAL DE BELGRADE
AU DEPARTEMENT SPECIAL POUR LE CRIME ORGANISE
AU PROCUREUR POUR LE CRIME ORGANISE
BELGRADE
USTANICKA 15
DECLARATION SUR LES INFORMATIONS A PROPOS DU CRIME ORGANISE
LE DEPOSANT : STANKO SUBOTIC
Il y a plus de deux mois, lors d’une intervention publique par les médias, j’ai accusé, Milan Beko et Miroslav Miskovic d’avoir commis de différentes infractions qui ont eu pour effet de me causer un dommage s’élevant à plusieurs millions d’euros et qu’ils avaient frauduleusement utilisé mon argent dans le cadre des privatisations du quotidien « Vecernje Novosti » et de la société « Port de Belgrade ». A cette occasion, votre Parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête relative.
Comme ni le Parquet ni la police m’ont contacté à ce jour à ce propos (alors que vous êtes en possession de mon adresse et de mes coordonnées pour m’avoir notifié des actes concernant la procédure judiciaire à mon encontre qui suit sont cours) de même que mes avocats, j’ai décidé de vous faire parvenir la présente déclaration écrite ainsi que de produire des pièces à l’appui de ladite déclaration en vue d’étayer mes allégations. La présente déclaration trouve également sa raison d’être dans des allégations, de plus en plus persistantes, de Milan Beko et de Miroslav Miskovic, selon lesquelles « ils ont tout arrangé et convenu », que les conclusions de l’enquête (qui n’est point) leur seront favorable et que le Parquet annoncera, dans quelques mois, la clôture de l’enquête faute de preuve et que la privatisation des « Vecernje Novosti » et « Port de Belgrade » n’était pas entachée d’irrégularités.
Précisément pour éviter ce genre d’épilogue, je dépose par la présente ma déclaration à l’appui de laquelle je produis une partie de la documentation relative à la privatisation de « Vecernje Novosti » alors que je déposerai également, dans le mois qui suit, le dossier relatif au « Port de Belgrade » ainsi que de la privatisation de la société « Putnik » mais aussi les dossiers concernant d’autres privatisations illégales, à l’instar de l’Industrie du matériel de construction « Trudbenik » de Vrsac. Je vous informe que je suis en possession de l’ensemble de la documentation relative aux dossiers susmentionnés et qui consiste en documents originaux. Je souligne que je joins à la présente déclaration seulement la copie d’une partie des documents qui confirment clairement mes allégations et description de l’ensemble des infractions commises qui sont poursuivies d’office. Dans une déclaration spéciale, également jointe aux présentes, je vous communique ce que je sais sur les infractions commises par Manojlo Vukotic, directeur de « Vecernje Novosti » pendant la période de 2002 à ce jour. Outre l’abus de la fonction officielle et acceptation des pots-de-vin, il y est question de toute une série d’autres infractions poursuivies d’office.
INTRODUCTION
Je suis retourné en Serbie en 2001, après les changements du 5 octobre, dans le but d’aider, par les affaires, les efforts du gouvernement de résoudre les problèmes accumulés pendant des années et son effort de reconstruction du pays qui était complètement détruit. Ont contribué à cette décision ma volonté de travailler dans le pays où je suis né ainsi que mes intérêts professionnels. Je suis venu en Serbie avec un capital important ainsi que tous mes contacts d’affaires sans oublier que j’ai contribué à ce que les grandes sociétés multinationales avec qui j’ai travaillé suivent également. L’arrivée en Serbie de la société multinationale « British American Tobacco » (ci-après le « BAT »), le plus grand producteur de cigarettes mondial, qui avait l’intention d’investir des millions dans sa nouvelle usine, ce qui aurait directement arrêté l’immense trafic de cigarettes en Serbie, a dérangé les liens entre les politiciens et trafiquants qui s’étaient tissés depuis des années. A la place de la bienvenue, voire des réactions et reconnaissances positives dans le public, le BAT et le gouvernement serbe ont dû endurer une véritable harangue médiatique. Ces attaques sans scrupules ont eu pour conséquence que j’ai été publiquement dépeint comme la personne la plus négative qui ait existé en Serbie.
La raison principale pour cette diffamation à mon encontre étaient mes liens de proximité avec le président du Monténégro et le premier ministre serbe. Ils étaient les deux des cibles principales des cercles réactionnaires de l’ancien régime de Milosevic, qui étaient des instigateurs de ladite harangue médiatique. La campagne pour la destitution des gouvernements serbes et monténégrins légitimement élus a été basée sur des articles commandés et complètement mensongers publiés dans le magazine croate « Nacional ». Le rédacteur en chef était sous des ordres directs des oligarques de trafic guidé par Ante Vlahovic, le propriétaire de « Tvornica Duhana Rovinj » qui avait le plus à craindre à cause de l’arrivée du « BAT » en Serbie. L’action a été synchronisée avec le cabinet de Vojislav Kostunica, qui était à l’époque président de la Yougoslavie (soit de l’Etat entre la Serbie et le Monténégro), qui avait regroupé tous les anciens cadres de Slobodan Milosevic et qui menait la campagne direct pour la destitution du premier ministre serbe, Zoran Djindjic, et du président monténégrin Milo Djukanovic.
C’est précisément à cause des raisons susmentionnées que j’ai renoncé à l’idée d’investir des fonds dans les affaires de commerce et production du tabac, ce qui constituait mon fonds de commerce pendant des années, pour me tourner vers d’autres affaires qui étaient disponibles sur le marché. C’est comme cela que j’ai participé à l’appel d’offres pour la privatisation du réseau de distribution de presse « Duvan » et j’ai aussi publiquement annoncé que j’avais l’intention d’acheter d’autres réseaux de distribution comme « Borba », « Politika », Stampa », etc. A cette fin, j’ai commencé à négocier avec le plus grand réseau de distribution de presse en France, dans le but d’investir ensemble en Serbie et d’y appliquer la meilleure technologie européenne en matière de distribution.
A la même période, je suis également entré en contact avec la société de médias allemand WAZ qui était déjà présent en Serbie. On a commencé la collaboration professionnel compte tenu de nos intérêts professionnels convergents et alors que nous avions les deux l’intention d’investir dans la production et la distribution de la presse.
Pendant l’année 2002, l’Etat a annoncé la vente de la maison d’édition « Borba » et j’ai conclu un contrat de consortium avec les représentants de WAZ de manière à ce que j’achète le quotidien « Vecernje Novosti » pour leur compte alors que j’étais personnellement intéressé par le réseau de distribution. C’était la raison pour laquelle j’ai entrepris de contacter de nombreuses personnes tant au niveau du gouvernement qu’au niveau de la société « Borba ». Je souligne que la structure de propriété ainsi que le modèle de privatisation n’étaient pas clair à cette époque.
RENCONTRE AVEC MILAN BEKO
Au début de l’année 2003, Milan Beko, l’ancien ministre de Slobodan Milosevic et ami proche de sa famille, en particulier de son épouse Mirjana Markovic, est entré en contact avec moi. Sachant que Beko était le ministre pour la privatisation à l’époque de Milosevic, j’ai accepté de le rencontrer avec quelques réticences. Lors de la première rencontre, Beko m’a indiqué avoir entendu parler de mon intérêt pour la privatisation de la chaine de magasins « Beograd » et que la seule manière d’acheter cette chaine était d’accepter ses conditions, qui comprenaient que je devais lui verser un million d’euros d’honoraires ! A cette occasion, Beko m’a indiqué que presque tout le monde de l’Agence de la privatisation « travaillait » pour lui et il a en particulier indiqué un certain Vuk Delibasic. Beko a même affirmé que le ministre Vlahovic était son partenaire d’affaires et qu’il avait lui-même nommé une employée de sa société « Dibek », Olivera Savovic, à la fonction de l’administratrice de RK « Beograd » en faillite. Comme je n’étais pas particulièrement intéressé par cette privatisation et puisque j’étais en partie repoussé par son attitude arrogante et son passé politique, nous avons rapidement mis fin à notre réunion. Nous ne sommes plus rencontrés jusqu’en 2004 lorsque Beko m’a contacté de nouveau pour m’indiquer qu’il était au courant de mes intentions d’acheter le quotidien « Vecernje Novosti » et qu’il voulait m’offrir ses services. Nous nous sommes rencontré de nouveau et, à cette occasion, il m’a indiqué, avec l’arrogance qui le caractérise, que « ses gars » étaient venus au pouvoir, se référant à Kostunica, et que lui, Milan Beko, était le maître absolu des privatisations en Serbie ?! Il a affirmé avoir passé un accord avec Kostunica en personne selon lequel les privatisations importantes ne pouvait se faire qu’avec son consentement. Pour me convaincre, Beko m’a indiqué que Kostunica lui a mis à sa disposition ses hommes de confiance pour qu’il soit sous ses ordres, quand il s’agissait de la privatisation. La liste de ces personnes comprenaient Dejan Mihajlov, secrétaire général du gouvernement serbe, Aleksandar Nikitovic, chef du cabinet du premier ministre, Predrag Bubalo, ministre pour la privatisation, et quelques autres personnes. Beko était particulièrement fier du fait qu’il avait réussi à placer son employée, Olivera Savovic, à la tête de l’Agence pour les papiers-valeur, qui est une institution clé pour le commerce des titres et privatisations qui se font par les rachats d’actions. Il m’a aussi indiqué que l’Agence pour les papiers-valeurs avait été créée à sa demande et conformément à ses indications. C’est ainsi que le directeur de cette Agence était Miodrag Djordjevic, un ancien membre de la Sécurité d’Etat, que Beko connaissait de l’époque où il était ministre, alors que la personne clé de l’Agence était Goran Mrdja que Beko a placée à la position du directeur exécutif qui assume la position clé dans le processus de privatisation. Il m’a aussi rappelé que Vuk Delibasic était passé dans sa société tout en maintenant contact avec les anciens collègues de l’Agence et « contrôlant » les autres employées de l’Agence. Afin de faire la démonstration de son influence, il a appelé Djordjevic et Mrdja, a discuté avec eux de la privatisation de « Vecernje Novosti » tout en me laissant écouter ce qu’ils répondaient à ses questions. Compte tenu du ton de ces conversations téléphoniques et de la serviabilité manifestée par Djordjeviet Mrdja j’en suis venu à conclure que Beko était l’autorité pour ses deux interlocuteurs. En m’expliquant son pouvoir, Beko m’a indiqué que c’était précisément en utilisant ces connexions qu’il avait réussi à acheter « Knjaz Milos », « Imlek », « Bambi », plusieurs dizaines de laitières à travers la Serbie et d’acquérir le monopole sur la production de lait, avoir de dizaines de sociétés privatisées dans son portefeuille qu’il revend avec des millions de profit. Comme je n’avais probablement pas eu l’air d’être très impressionné par sa démonstration, Beko a aussi appelé Dejan Mihajlov, qui était à l’époque le secrétaire général du gouvernement, et a entamé la discussion avec lui à propos de la privatisation du quotidien « Vecernje Novosti ». Beko m’a également laissé écouter cette conversation téléphonique et, en entendant certaines allusions et blagues qui s’étaient dites alors, j’ai compris que cette privatisation serait, elle aussi, offerte en premier à Beko.
LA PRIVATISATION DE « VECERNJE NOVOSTI »
J’ai informé mes partenaires de WAZ à propos de ma réunion avec Milan Beko mais ils ne voulaient pas m’écouter jusqu’à la fin en m’indiquant qu’ils étaient un géant des médias et qu’ils allaient traiter directement avec le gouvernement, sans implication d’intermédiaire et spéculateurs. Cette attitude de WAZ peut vraisemblablement s’expliquer par l’animosité personnelle du premier homme du conglomérat, Bodo Hombach, envers Beko, en raison de son rôle de ministre de Milosevic.
L’accord que nous avons conclu à cette époque prévoyait que les représentants de WAZ allaient négocier tous les accords d’une manière officielle avec les représentants de « Vecernje Novosti » et l’Etat qui était l’actionnaire principal. Compte tenu de ce qui précède, le 27 janvier 2005 j’ai tout d’abord signé un accord avec la société WAZ puis un annexe à cet accord en date du 24 février 2005 qui définissait nos relations mutuelles dans le cadre de l’achat de « Vecernje Novosti » ANNEXE 1
A cette occasion, j’ai émis des garanties à la société WAZ, tant des garanties personnelles que des garanties émises par l’intermédiaire de mes sociétés D-Trade de Belgrade et EMI du Danemark. Au cours de l’année 2005 nous avons eu plusieurs dizaines de réunions avec les plus hauts représentants de l’Etat, à commencer par le premier ministre Kostunica, les ministres, membres du cabinet du premier ministre, jusqu’aux représentants des agences et autorités compétentes. Les représentants du gouvernement ont essayé de laisser l’impression des politiciens qui ne savaient pas encore quel modèle de privatisation allait être appliqué et ce qui était dans le meilleur intérêt de l’Etat. Ainsi, nous perdions du temps parce que nous passions le temps à discuter du « futur appel d’offres », comme disait le ministre Bubalo, pour ensuite discuter de l’achat d’actions où l’Etat allait se joindre aux petits actionnaires, après la réunion chez Vojislav Kostunica. Et ainsi de suite.
Pendant toute la durée de nos négociations avec l’Etat, WAZ et moi-même recevions des « signes amicaux » nous indiquant que nous n’allions jamais réussir à acheter les « Vecernje Novosti » à moins de trouver des personnes capable de nous aider. Bien entendu, le nom de Beko nous a été donné le plus souvent. Beko lui-même a rencontré Srdjan Kerim, un des directeurs de WAZ à Belgrade. A cette occasion, il a été dit à Kerim que sans lui les « Allemands ne pourront acheter rien en Serbie » puis, après avoir énuméré tous les fonctionnaires qui travaillaient pour lui, il a également indiqué que Miroslav Miskovic, le plus puissant et riche des hommes d’affaires serbes, avait essayé, sans succès, d’acheter la plus grande chaine de supermarché « C-market » pendant des années et que, à la fin, même Miskovic a dû venir prier Beko d’arranger l’affaire ce que ce dernier a réussi à faire, auprès du cabinet de Vojislav Kostunica. Comme dans toutes les autres privatisation, Beko a acheté le « C-market » puis l’a revendu à Miskovic. Il a fait tout cela en utilisant les comptes offshores des sociétés sans payer le moindre impôt à l’Etat. Selon ses dires, il a payé d’importants honoraires aux gens de Kostunica ainsi qu’aux gens de l’Agence pour la privatisation ont été engagé pour le compte de sa société qui était devenue propriétaire de « C-market ».
LA PRIVATISATION EN SERBIE N’EST PAS POSSIBLE SANS MILAN BEKO
Je recevais également des messages de Milan Beko indiquant que je ne pourrais rien faire en Serbie sans lui. Le plus tenace à me transmettre ces messages était Dragi Micovic, que j’ai rencontré en faisant des affaires en Serbie. A l’occasion des premières rencontres avec Micovic j’ai appris qu’il était également le parrain de Dejan Mihajlov, grâce à qui il avait de l’influence sur le gouvernement et le parlement et grâce à qui il recevait des contrats et gagnait des millions, ce que j’ai pu constaté par moi-même. Par l’intermédiaire de Micovic, j’ai organisé de nombreuses réunions au gouvernement serbe auxquelles se rendaient les représentants de WAZ et de ma société. Je souligne que lors de ces rencontres on nous a à chaque fois rassuré on nous indiquant que la privatisation serait transparente et légale et que si on offrait les meilleures conditions et prix les « Vecernje Novosti » deviendrait la propriété de WAZ. Quelques semaines après ces réunions, les représentants du gouvernement arrêtaient de nous appeler alors que les messages de « chercher un piston » s’intensifiaient, ce qui faisait que nous devions de nouveaux chercher des contacts pour nous organiser des réunions avec le gouvernement et reprendre tout à nouveau.
C’est à cette période que Dragi Micovic m’a donné rendez-vous d’urgence au Monténégro, à l’hôtel « Vila Montenegro » m’indiquant qu’il avait pour moi un message important venant du gouvernement serbe. Comme j’avais un empêchement j’ai envoyé un représentant alors que Micovic est venu avec son parrain Dejan Mihajlov, le secrétaire général du gouvernement serbe. Le message se rapportait à la privatisation des « Vecernje Novosti » et consistait à dire que Vojislav Kostunica et son gouvernement ne pouvait ouvertement vendre ce quotidien aux Allemands, comme ils disaient, parce que cela était contraire à la politique et aux déclarations publiques de Kostunica, mais qu’ils proposaient toutefois une solution qui consistait à utiliser des intermédiaires en la personne des « hommes d’affaires du pays » qui transféraient immédiatement des actions à moi alors que je les transférerais à WAZ en conformité avec notre contrat. Ils ont indiqué que cette solution serait la meilleure parce qu’elle permettrait tant au premier ministre de « sauver la face » qu’à nous de devenir propriétaires. Après avoir appris que ce message, transmis par son homme le plus fidèle et le haut fonctionnaire du pouvoir, venait du premier ministre en personne, en tant qu’homme d’affaires qui souhaitait clôturer l’affaire cette offre m’a paru acceptable, ce dont j’ai informé mes partenaires de WAZ.
Toutefois, quand bien même ils étaient fatigués des atermoiements et des promesses non-tenues, ils ont exprimé le souhait d’essayer une nouvelle fois d’essayer d’obtenir le droit de participer à la privatisation à travers des institutions, la raison pour laquelle j’ai dû annuler l’offre de Dejan Mihajlov et Vojislav Kostunica. Toutefois, j’ai continué d’entretenir des contacts avec Mihajlov par l’intermédiaire de Drago Micovic. Ils venaient souvent au Monténégro à l’hôtel « Villa Montenegro » où ils étaient mes invités, compte tenu que j’en suis propriétaire.
L’ACCORD AVEC DEJAN MIHAJLOV
Mes partenaires ont décidé de s’écarter de leurs principes de traiter uniquement avec les institutions officielles pour acheter « Vecernje Novosti » après que le gouvernement a pris la décision de changer la loi et empêche ainsi la privatisation par le biais de l’appel d’offres. C’était un message clair du pouvoir que l’offre de Mihajlov était l’unique moyen d’acheter des actions. C’est alors que j’ai reçu le « feu vert » de mes partenaires pour négocier et que j’ai repris contact avec le cabinet de Vojislav Kostunica. Micovic est alors venu chez moi à Genève et, devant moi, il a appelé Mihajlov et me l’a passé puis, après que j’ai accepté l’offre, Mihajlov m’a indiqué que les « acheteurs du pays » seraient Milan Beko et Miroslav Miskovic, que tous les contacts passeraient par Micovic qui avait déjà établi de proches contacts avec Beko et Miskovic, qu’ils travaillaient aussi sur d’autres projets et qu’ils avaient déjà un « schéma prêt » pour ce genre d’affaires.
J’ai pris contact avec Beko et Miskovic en présence de Micovic puis nous avons commencé à négocier. Nous nous sommes mis d’accord que Beko allait organiser, par l’intermédiaire de ses contacts habituels, que leurs troisième partenaires, Manojlo Vukotic, directeur de « Vecernje Novosti », émette un prospectus au nom des petits actionnaires à une date précise, que Beko, par l’intermédiaire de ses gens de l’Agence pour les papiers-valeurs (soit Olivera Savovic, secrétaire) et du directeur de l’Agence pour la privatisation Miodrag Misko Djordjevic, organise l’achat des actions par le broker « MV Investments », dont il était co-propriétaire, de manière qu’ils soient les seuls acheteurs et qu’ils achètent des actions au moindre prix. Pour cela faire, ils allaient se mettre d’accord avec Dejan Mihajlov et Aleksandar Nikitovic, les hommes de confiance de Kostunica, que le gouvernement renonce de la vente de son portefeuille d’actions de même que le fond PIO1, de manière à ce que nous payions moins cher, ce qui causerait que le reste des actions allaient perdre de la valeur ce dont nous profiterions pour acheter le reste des actions encore moins cher.
Tant Beko que Miskovic m’expliquaient qu’ils avaient tout privatiser ainsi et m’ont expliqué en détail comment ils ont acheter le « Port de Belgrade ». Ce modèle devait également être appliquer aux « Vecernje Novosti » et ils m’ont demandé à combien s’élevait le budget pour l’achat, afin qu’ils puissent mettre en place le plan. Ils ont également demandé de rencontrer mes partenaires de WAZ, ce que j’ai réussi à faire malgré les grandes réticences de Bodo Hombach et nous nous sommes tous rencontrée dans les locaux de « Delta » à Belgrade.
Lors de cette réunion, on nous a confirmé encore qu’il avait été arrangé avec le sommet de l’Etat que la vente des actions se fasse par l’intermédiaire de Beko et Miskovic qui allaient ouvrir plusieurs société à cet effet qui deviendraient des actionnaires formels. Par la suite, les actions seraient transférées à ma société que je transférerais à WAZ en vertu du contrat signé. Lors de cette réunion, nous leur avons indiqué que le budget pour l’achat de 100% des actions de « Vecernje Novosti » était de 28 millions d’euros, que WAZ souhaitait acquérir les 100% mais pas moins de 51%. Comme WAZ avait déjà mis de l’argent à ma disposition, selon le contrat, nous nous sommes mis d’accord que j’allais signer le contrat avec les sociétés de Beko et Miskovic à qui je transférerais de l’argent lorsqu’ils reprendraient les actions en échange de quoi, ils me transféraient les actions dans un délai de 90 jours. Pour ce faire, j’ai engagé la société « Senta » qui a suivi tout le projet pour moi. Comme mes partenaires de WAZ avaient mes garanties bancaires, ils ont accepté ces conditions et les mécanismes qui allaient nous permettre d’acquérir les actions.
LA VENTE DES ACTION
Peu de temps après notre accord, Beko et Miskovic ont constitué leurs sociétés, Manojlo Vukotic a « émis le prospectus » et les actions ont été rapidement mises en bourses. Selon un scénario convenu d’avance, le seul acheteur qui s’est manifesté était Beko de manière que sa société luxembourgeoise « MV Investments » était devenue actionnaires de 60,87% d’actions de « Vecernje Novosti », achetées des petits actionnaires, en date du 29 août 2006.
Tout de suite après le transfert des actions à la société de Milan Beko, j’en ai informé mes partenaires de WAZ et, le 13 septembre, nous avons convenu d’un nouvel contrat prévoyant le partage en terme de pourcents, délais et montants. Tous le mois de septembre a été consacré à la rédaction de contrats et autres documents entre, d’une côté, les partenaires de WAZ et moi-même et, de l’autre côté, Milan Beko et ses sociétés. ANNEXE 2
Selon le contrat signé, et conformément à notre pré-accord, j’ai transféré à Beko les montants de 5’779'069 euros à la société « Ardos Holding GmbH », le montant de 5779'696 à la société « Trimax Investments GmbH », les deux sociétés ayant été constituées en Autriche, et le montant de 3'120'266 à la société « Karamat Holdings Limited » de Chypre. ANNEXE 3
D’entente avec Miskovic, Beko a constitué les trois sociétés afin de, selon ses dires, éviter de payer l’impôt en Serbie et en vue de réaliser le profit qu’il avait l’intention de transférer sur les sociétés off-shore et payer, selon ses dires, tout le sommet du gouvernement serbe mais aussi les partis politiques qui préparaient les élections. L’argent devait aussi couvrir d’autres frais, y compris le bonus pour Manojlo Vukotic, d’un montant de 1'000'000 d’euros pour son aide avec la privatisation, dont il lui a été immédiatement été versé 500'000 sur le compte en Grèce tout de suite après la privatisation. Beko nous a communiqué les détails liés au paiement des différentes personnes pour justifier la constitution de dizaines de sociétés (en plus des 4 sociétés, il a également fait ouvrir une dizaine d’autres) mais aussi pour nous expliquer la grande différence de prix de revente d’une société à une autre. En présence de Drago Micovic, il a expliqué que, sur une différence de prix de revente de presque 10 million, lui et Miskovic n’allaient garder que 4 ou 5 millions alors que le reste devait être verser à Dejan Mihajlov et Aleksandar Nikitovic qui devaient ensuite donner de l’argent à Dragan Jocic, Rade Bulatovic, Predrag Bubalo et à Kostunica pour le DSS, parce que cela correspondait à l’accord passé au cabinet en 2005 et parce que chacun d’entre eux avait son rôle dans le processus de privatisation. Comme Beko devait aussi payer les employés des agences, soit Misko Djordjevic, Olivera Savovic et certaines autres personnes, ce qu’il n’était pas en mesure de faire, Dragi Micovic m’a demandé de verser encore 500'000 euros à DSS pour les élections. Il m’a expliqué que cette demande venait directement de Dejan Mihajlov et pour le prouver, ils sont de nouveau venus au Monténégro et m’ont appelé ensemble. Au cours de la conversation, nous avons eu un malentendu dans la mesure où Micovic a changé de version pour me raconter que l’argent était destiné à des amis communs et non plus à des élections. Plus tard, il m’a dit que l’argent était pour Jocic, Nikitovic, Bulatovic et DSS par le biais du compte de Drago Micovic en Italie.
Pendant que j’étais encore proche avec Beko et Miskovic, je leur ai montré plusieurs fois l’ordre de transfert pour leur indiquer que j’avais la preuve que j’ai payé les principaux gens de Kostunica et qu’ils n’oseraient pas m’escroquer dans l’affaire des « Vecernje Novosti ». Lorsque l’enquête a été ouverte contre moi, j’ai reçu le message que c’était en partie à cause de cette histoire de l’ordre de transfert.
LE TRANSFERT D’ACTIONS DEPEND DES ELECTIONS
Quand bien même Milan Beko avait l’obligation de nous transférer les actions dans le délai convenu de 90 jours, ceci n’a jamais eu lieu. De nombreuses justifications ont été avancé pour expliquer le retard : les délais causés par l’administrations, le manque de temps des avocats de Beko pour finaliser les documents et même les justifications politiques parce que c’était prétendument peu convenable de transférer les actions à WAZ car ceci aurait pu discréditer Kostnunica. Même le document officiel envoyé par Beko et Miskovic porte la mention que les actions seraient transférer au plus tard dans les 6 mois après les élections. ANNEXE 5
Beko a expliqué qu’il devait se passer 3 mois pour former le gouvernement et encore 3 mois pour les premiers 100 jours du gouvernement et que les actions seraient transférées par la suite. Alors que pendant cette période nous avons essayé de faire transférer les actions, j’ai été contacté par Aleksandar Tijanic, directeur de la télévision d’Etat et encore un ancien ministre de Milosevic et ami extrêmement proche des plus haut fonctionnaires de l’Etat. Son commentaire était que Kostunica ne permettait pas que les actions soient transféré à WAZ étant donné qu’il avait déclaré publiquement qu’il n’allait jamais permettre cela et que nous devions dès lors attendre que cela tombe dans l’oubli. Comme c’était important pour nous de tout officialiser et d’annoncer publiquement l’achat des « Vecernje Novosti », Tijanic a proposé de parler aux personnes au pouvoir et proposer une solution. Lors de la réunion tenue à Dusseldorf, en présence de Srdjan Kerim et Bodo Hombah, la proposition d’Aleksandar Tijanic était comme suit : WAZ allait employer Tijanic en tant que directeur d’image corporatif, afin qu’ils change l’image négative de WAZ en Serbie dans un délai de 6 mois à une année. Il nous a indiqué avoir de l’influence dans presque tous les médias imprimés et dans la plupart des médias électronique et qu’il serait aider dans cette tâche par Dragan Jocic, Rade Bulatovic et Srdjan Djuric (secrétaire du gouvernement pour les médias et président du Conseil d’administration des « Vecernje Novosti »), Dejan Mihajlov et Aleksandar Nikitovic. Pour prouver son importance et ses liens avec les fonctionnaires susmentionnés, Tijanic a montré son téléphone en exhibant et lisant des SMS et même en appelant directement certains d’entre eux. Je l’ai demandé à la fin combien il voulait pour son honoraire, ce à quoi il a répondu qu’il attendait une offre de notre part mais que cette offre devait être supérieure à son contrat avec la « Delta » pour les mêmes services et qui était d’un million d’euros par année. Nous avons convenu de nous rencontrer de nouveau dans quelques semaines, lorsque les partenaires de WAZ prendrait la décision. Nous n’avons toutefois pas eu de nouvelles discussions parce que, selon Tijanic, Aleksandar Nikitovic lui a interdit de continuer des négociations.
Le 20 décembre 2006, la société de Beko « Stadlux » et la société « Senta » qui avait géré cette transaction pour moi ont signé l’accord de transaction, dont l’objet était la vente des actions des « Vecernje Novosti ». ANNEXE 6
Les élections ont été prévu pour le 26 janvier 2007 et selon Beko, les actions devaient nous être transférées au plus tard jusqu’en juin 2007. Pendant cette période, je passais beaucoup de temps à Belgrade, je développais les affaires de ma société « Futura Plus » que j’avais créée ensemble avec la société WAZ tout en rencontrant régulièrement Beko, Miskovic, Micovic, Aleksandar Tijanic ainsi que de nombreux autres fonctionnaires.
C’est à cette époque que j’ai appris que le Parquet préparait l’acte d’accusation contre un groupe de personnes pour la contrebande de cigarettes dans les années ’90, parmi lesquelles se trouvaient des personnes travaillant pour mes sociétés et moi-même. Je connaissais l’existence de l’enquête privée et secrète ordonnée par l’ancien ministre de l’intérieur Dusan Mihajlovic, que ce dernier a entrepris dans le but d’englober par cette enquête tous les hommes d’affaires aisés qu’il croyait pouvoir soumettre au chantage. J’étais une de ces personnes contre qui Dusan Mihajlovic a exercé du chantage. J’ai d’ores et déjà déposé des plaintes pénales contre Mihajlovic aux polices de la Suisse, France, Grande-Bretagne alors que j’ai adressé des messages, par l’intermédiaire de Micovic, Beko, Tijanic et autres, au ministre de la police de la Serbie, Dragan Jocic, et au directeur de la police secrète Rade Bulatovic. Tous les politiciens susmentionnés m’ont indiqué qu’ils savaient ce que Mihajlovic faisait et que je n’avais rien à craindre.
Au cours de l’année 2007, j’étais à Belgrade tout le temps et j’ai travaillé pour ma société « Futura Plus » alors que j’ai également travaillé sur le projet des « Vecernje Novosti ». En effet, l’accord que nous avons passé avec Beko et Miskovic comprenait aussi le droit de reprendre la gestion de la société compte tenu que nous étions devenus propriétaire de la société alors que Beko et Miskovic restaient formellement propriétaires. Nous avons accepté qu’ils nomment le Conseil d’administration alors que nous avions assumé les fonctions exécutives. Comme cela faisait très longtemps que j’étais absent du pays et que je ne connaissais pas les managers, j’ai accepté la proposition de Beko de nommer Misko Djordjevic, qui quitterait sa position de directeur de l’Agence pour la privatisation pour devenir le directeur de la société. Après les explications que pendant les élections nous ne pouvions pas changer Manojlo Vukotic, afin d’éviter que cela ne rende plus difficile le transfert d’actions, j’ai accepté que de placer Misko Djordjevic à la place du vice-directeur des « Vecernje Novosti ». Djordjevic m’a toujours traité de son employeur et m’a toujours tenu informé de la situation dans la société, même lorsque le mandat d’arrêt a été frauduleusement décerné à mon encontre en 2007. ANNEXE 7
Quand bien même il s’était passé déjà 5 mois depuis la vente de actions, nous continuions de croire Beko et Miskovic, en particulier parce que nous recevions des assurances de Dejan Mihajlov, Aleksandar Nikitovic, Dragan Jocic, Aleksandar Tijanic et de nombreux autres « anciens-nouveaux » ministres et fonctionnaires, qui ont gardé le pouvoir et les fonctions avec Kostunica comme premier ministre. Nous continuions de nous voir et collaborer professionnellement, tant sur le projet des « Vecernje Novosti » que sur d’autres projets que j’avais commencés avec Beko et Miskovic.
MISKOVIC ME DEMANDE DE LUI FAIRE TRANSFERER MES AVOIRS
C’est ainsi que j’ai reçu un appel de Miroslav Miskovic pour le rencontrer au Monténégro de toute urgence. Nous nous sommes rencontrés le 6 juin 2007 à Budva. Svetozar Marovic et Dragi Micovic, qui était venu avec Miskovic, étaient également présents à la réunion. Lors de la réunion, mon téléphone a sonné et le rédacteur en chef du quotidien « Press » tenu par Miskovic m’a appelé pour me demander de lui commenter la nouvelle selon laquelle Parquet spécial pour le crime organisé avait rendu l’acte d’accusation contre moi et a ordonné l’arrestation de mes anciens collaborateur pour l’infraction dite de l’abus de la position officielle. J’étais tellement choqué tant par l’information que par l’audace du journaliste que j’ai passé le téléphone à Miskovic qui a continué la discussion avec son rédacteur en chef, prétendant de lui demander des explications. A la fin de la conversation, Miskovic a feint le choque et a passé plusieurs appels, dont un avec le ministre de l’intérieur Dragan Jocic, et a reçu l’information de tout le monde que cela avait été fait sans le concours du gouvernement, que cela devait être quelqu’un du Parquet et qu’il s’agissait d’une erreur, etc. Micovic a appelé Mihajlov, Rade Bulatovic et certains autres fonctionnaires qui ont tous prétendu d’être surpris et ont allégé que c’était l’autre partie du gouvernement qui a fait cela par l’intermédiaire du Parquet (DS et Boris Tadic).
C’était bien entendu un pur non-sens, parce que j’entretenais de très bons relations tant avec Tadic qu’avec le Parti démocratique. Au bout d’une heure passé à téléphoner à de différents fonctionnaires de Belgrade, Miroslav Miskovic m’a proposé que je lui transfère tout mon patrimoine, y compris toutes les sociétés et plus particulièrement « Futura Plus » afin qu’il puisse les « préserver » pour moi, ce qui était très étrange parce que la loi sur la confiscation na été adopté que seulement 2 ans après et précisément pour permettre la confiscation de mes avoirs. Je n’ai pas accepté de faire transférer mes avoirs à Miskovic, croyant qu’il n’était pas possible que l’on m’accuse sans preuves et de manière illégale. A cette occasion, pour me convaincre, Miskovic m’a informé qu’il avait déposé la caution financière pour Sreten Jocic et, selon ses dires, il contrôlait Jocic et ses affaires. Comme j’ai persisté à refuser à lui faire transférer mon patrimoine nous avons fini la réunion et nous nous sommes quittés. J’ai contacté mon avocat pour apprendre que ni la police ni le Parquet ne m’avaient même pas convoqué, qu’ils n’en avaient pas informé mon avocat et qu’ils avaient déjà émis un mandat d’arrêt d’une manière totalement illégale et sans preuves. Pour moi, il s’agissait clairement d’un message mais j’ignorais encore son auteur.
L’enquête policière a été expressément transformé en un mandat d’arrêt d’Interpol, ce qui était une parfaite excuse pour Milan Beko de ne pas procéder au transfert d’actions, en expliquant qu’il serait très incommode si le public apprenait que les actions d’un quotidien était transférées à une personne sous le coup d’un mandat d’arrêt.
BEKO ET MISKOVIC COMMANDENT DES ARRESTATIONS
J’ai rapidement commencé à soupçonner Beko et Miskovic d’avoir pris part à la construction de l’acte d’accusation parce qu’ils m’avaient expliqué, à l’époque où nous nous fréquentions, que Miskovic appelait directement le ministre de l’intérieur Dragan Jocic ou le Procureur Radovanovic pour convenir des arrestations ou des actes d’accusation contre adversaires et les hommes d’affaires qui étaient sur son chemin. Beko devait passer par Mihajlov ou Nikitovic pour ce faire mais les deux avaient la possibilité d’influencer le travail de la police, Parquet et tribunaux.
C’est ainsi que pendant la privatisation du « C-market » ils avaient ordonné l’arrestation de Mika Brasnjevic et de ses collaborateurs et que Slobodan Radulovic, directeur du « C-market » a fini par être l’objet du mandat d’Interpol après la confrontation avec Beko et Miskovic. Fâchés contre le Président du Tribunal commercial Goran Kljajevic qui ne voulait pas les inscrire comme actionnaires du « C-market » ils ont même réussi à le faire arrêter et de le faire détenir en prison pendant près de 3 ans sans que l’acte d’accusation ait été décerné. Je me suis également rappelé que lorsque le fameux basketteur Vlade Divac qui a exprimé l’intention de participer à la privatisation des « Vecernje Novosti » cela nous a causé un souci, compte tenu de sa popularité en Serbie, mais Beko et Miskovic nous ont rassuré en nous indiquant qu’ils allaient l’empêchait de participer, même au moyen de l’arrêter, ce qu’ils répétaient en rigolant à chaque foi que l’on parlait de lui. A la fin, en raison des menaces de Misa Beko, Vlade Divac a fini par renoncer. J’ignore qui a concrètement menacé Divac mais je sais que Beko agissait comme quelqu’un de puissant entre autre parce qu’il était très proche de Franko Simatovic, qui est accusé devant le tribunal de la Haie. Beko entretenait également des relations d’affaires avec lui, à travers d’une société qu’il détenait avec le fils de Franko. Je souligne qu’au cours de ce processus, Milan Beko a fait la démonstration de sa puissance aussi en appelant Vlado Cupic, directeur de la banque « Hypo Banka » à Belgrade, pour lui demander de refuser à Vlade Divac d’y déposer les fonds qui devaient servir à l’achat des actions. A une occasion, Beko m’a indiqué que Cupic était sous son contrôle depuis l’époque où il était directeur de l’Agence pour la privatisation où il a été nommé par le partenaires d’affaires et parrain de Beko Danko Djunic, qui a également placé Aleksandar Vlahovic à la tête du Ministère pour la privatisation. Beko affirmait qu’il s’agissait de ses ancien employés et que lui et Djunic leur ordonne ce qu’ils devaient faire alors qu’eux s’occupaient de leur finance.
PRIVATISATION DE « PUTNIK »
Compte tenu de ce qui précède, j’ai commencé à suspecter sérieusement Beko et Miskovic et j’ai même eu une conversation avec Beko à ce propos. Il m’assurait et jurait qu’il n’était pas impliqué dans l’adoption de l’acte d’accusation mais il ne pouvait pas en dire autant pour Miskovic. Il m’expliquait que, selon ses sources, le problème était mon interview à RTV B92 de mai 2006, que le plus grand coupable était Brankica Stankovic qui avait fait cet interview et il a même pointé en direction de Boris Tadic et Ruzica Djindjic, en raison d’un arrangement que j’ai eu avec eux et dont j’ai informé Beko. Il a promis de tout faire pour essayer de m’aider et empêcher ce procès monté de toutes pièces d’avoir lieu. Pour se montrer en un ami sincère, il venait chez moi presque tous les dix jours, offrait des services et projets. C’est ainsi que nous avons commencé la privatisation de la société « Putnik » et certaines d’autres projets. Il a même proposé une fois son aide pour faire arrêter les attaques médiatiques de la part d’un politicien monténégrin marginal Nebojsa Medojevic, dont les mensonges et calomnies ont été régulièrement relayés en Serbie par les médias. Il a ainsi appelé devant moi et lui a demandé d’arrêter les attaques contre moi et le premier ministre du Monténégro Milo Djukanovic, en lui indiquant que nous deux n’étions plus des « targets », ce que Medojevic a accepté sans broncher et a réellement arrêter ces attaques pendant un certain temps. En raison de la servilité de Beko et de la manifestation convaincante de son amitié, j’ai réellement cru qu’il ne participait pas à la chasse lancée contre moi. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté de lui vendre mon appartement à Athènes pour un prix symbolique qui avoisinait la donation et je luis rendais de nombreux autres services. Il n’avait toujours pas transféré les actions de « Vecernje Novosti », ce qu’il expliquait par des raisons techniques, ouverture des sociétés offshore grâce auxquelles il a évité de payer les impôts en Autriche, où « Ardos » et « Trimax » sont domiciliées, par le biais du contrat de prêt et nantissement des actions, ce qui lui a permis de transférer les actions de « Vecernje Novosti » sur les comptes offshore. ANNEXE 8
Sur demande de Beko, de nombreux avocats et cabinet d’avocats de Belgrade, Salsbourg, Vienna, Chypre, Panama, Iles Vierges, Seychelles, etc. s’occupait de toutes les affaires liées au blanchiment et dissimulation d’argent, évasion fiscale tant en Serbie qu’en Autriche, voire dans d’autres pays. Parmi elles, le rôle le plus important a été joué par le cabinet d’avocats « Jankovic, Popovic, Mitic » de Belgrade, qui se trouve à l’adresse Carli Caplina 37. Les personnes clés de ce cabinet pour tous les agissements illégaux de Beko était Nenad Popovic et Suzana Stefanovic. Alors que Suzana Stefanovic s’occupait des affaires techniques et administratives en Serbie, Nenad Popovic était la personne clé dans toutes les privatisation de Beko, y compris la privatisation de « Vecernje Novosti ». La logistique liée au blanchiment d’argent et évasion fiscale était assurée par plusieurs cabinet d’avocats dont le plus important était « Cerha Hempel Spigelfeld Hiaqati » de Vienna, qui se trouve à l’adresse Parkring 2, dont les responsables étaient Dr Birkner Albert et Pia Muhrer. La personne qui était chargée par Beko, lorsque ce dernier avait un empêchement, de suivre les dossiers avec les avocats de toutes les sociétés qui participaient aux privatisations était Nikola Stojakovic de Belgrade. Nenad Popovic était le représentant de toutes les sociétés que Beko et Miskovic ont constitué dans le cadre de la privatisation des « Vecernje Novosti », à savoir « Stadlux SA », « Ardos Holding GmbH », « Trimax Investments GmbH », « Karamat Holdings Limited », « Bicos Beteiligungen GmbH », « ABISCO Verwaltung GmbH », Munon Management Limited », Vidoler Management Corproation ». ANNEXE 9
Afin d’éviter de payer les impôts tant en Serbie qu’en Autriche, en plus de la constitution des sociétés supplémentaires lesquelles se voyaient transférer les actions, Beko s’assurer contractuellement que la différence de prix soit atténuée par les coûts fictifs qu’il facturait en plus et des bonus pour les achats clôturés qu’il facturait par le biais des sociétés offshore. Ainsi, les sociétés « Stadlux », « Ardos », « Trimax » et « Karamat » gardaient un profits minimum alors que tous le profit réel se manifestait au niveau des sociétés offshore. Pour cette raison, je lui ai versé des sommes supplémentaire de 2'942'118 euros et 922'824.05 euros. Ainsi, le montant total que j’ai versé à Beko et Miskovic était de 18'897'602.68 euros. Dès que j’ai procédé au versement supplémentaire, de nouveaux problèmes ont surgi. Selon le contrat, Beko et Miskovic avaient l’obligation de s’assurer l’avis positif de la Commission pour la protection de la concurrence, ce qui, selon eux, ne représentait aucun problème compte tenu que « Senta » et «WAZ remplissaient les conditions d’octroi de la licence. Comme c’était ma société qui devait recevoir cet avis, Beko m’a suggéré de prendre le cabinet d’avocats « Moravcevic – Vojinovic – Zdravkovic » de Belgrade, à l’adresse Francuska 27, à qui j’ai donné la procuration parce que, selon Beko, il s’agissait des spécialistes dans ce domaine. Toutefois, malgré les spécialistes Relja Zdravkovic et Slaven Moravcevic, l’avis positif n’a pas été obtenu. Comme les actions ne pouvaient pas être transférées sans l’avis de la Commission, Beko a profité de la situation pour retarder la situation. Les mois passés, Beko et Miskovic géraient les « Vecernje Novosti » alors que nous attendions qu’ils nous fassent transférer les actions que nous avions payées. Peu de temps après, nous avons appris que le retard au sein de l’Agence était causé justement par Beko et Miskovic, par l’intermédiaire des gens qui travaillaient pour eux au sein du gouvernement et c’est alors que nous avons découvert, pour la première fois, qu’ils cherchaient à garder tant l’argent que les actions, ce qui était parfaitement possible selon, l’avis des avocats de Beko, si la Commission pour la protection de la concurrence ne rendait pas du tout d’avis.
En parallèle à ces évènements, moi-même et mes sociétés faisions l’objet d’une terrifiante campagne médiatique négative où nous voyions les rédacteurs en chef et politiciens se pressaient pour dire des choses négatives sur moi. Tout cela se passait en premier lieu dans les journaux contrôlait par Beko et Miskovic. Les derniers tentaient de me convaincre qu’en réalité tout était l’œuvre de Tadic et du DS. Je n’avais pas beaucoup de choix parce que je devait accomplir le projet en cours pour lequel j’avais émis des garanties en euros et je ne pouvait pas me permettre dans une telle situation de me faire de nouveaux ennemis. J’étais également en train de clôturer le projet de privatisation de « Putnik » avec Beko. Nous avions gagné 36 millions d’euros et lorsqu’il devait me verser ma part il a commencé à montrer son vrai visage et ses véritables intentions. Il a évité tout contact pendant des mois. Il a arrêté de répondre au téléphone. Par l’intermédiaire de son employé Goran Mrdja, l’ancien directeur exécutif de l’Agence pour la privatisation, il mentait à propos des versements. Nos contacts se sont raréfié pour ensuite complètement cesser. Nous restions en contact par l’intermédiaire de Drago Micovic qui m’a garanti, au nom de Dejan Mihajlov, que toutes les obligations contractuelles seraient remplies. Une autre raison pour Micovic d’agir comme garant s’explique par le fait que Beko et Miskovic insistaient que Micovic soit partie au contrat, ce qui faisait qu’il avait assumer des obligations. ANNEXE 10.
Dragi Micovic me transmettait des assurances de Beko que les actions allaient être transférées au plus tard en août 2008, comme c’était défini dans le contrat. En raison du mandat d’arrêt émis par la police serbe, j’ai été arrêté en Russie où j’ai passé presque 3 mois. Jusqu’à ma remise en liberté, mes problèmes en Russie ont été une raison supplémentaire que Miskovic et surtout Beko fassent tout leur possible pour ne pas faire transférer les actions de « Vecernje Novosti », en affirmant que je serais extradé vers la Serbie et que je ne sortirais jamais de prison. C’est alors que nos relations se sont dégradées et ont pratiquement cessé. La tentative de reprise de contacts à l’occasion de l’arrivée de Beko et Miskovic a Genève et par des appels téléphonique de Miroslav Miskovic pour affirmer qu’ils n’avaient rien à voir ni avec mon arrestation ni avec la campagne médiatique à mon encontre n’avait que temporairement fait cesser l’évident agacement mutuel. Beko m’a remboursé une partie de la dette alors qu’il me devait encore 8 millions qu’il éviter de me rembourser selon toute évidence.
BEKO ET MISKOVIC VONT VERS TADIC
Au lieu de me rembourser mon argent et fait transférer les actions, au cours du mois d’octobre 2008, Beko a résilié le contrat, prétendument en raison de la violation de la clause de confidentialité de ma part. Il citait comme témoins les plus proches collaborateurs de Boris Tadic, le président de la Serbie, dont le principal était Srdjan Saper, un ami proche du président. En me renseignant auprès de plusieurs sources sur ce qui se passait, j’ai appris que Beko était entretemps devenu proche de Tadic et de son parti le DS et que, après les élections de 2008, tant Beko que Miskovic affirmaient qu’ils avaient personnellement former le nouveau gouvernement dont le DS était le partenaire majoritaire. ANNEXE 11
Beko était alors convaincu que les actions, pour lesquelles il avait reçu de l’argent déjà en 2006, ne devait jamais rendre alors qu’il pouvait garder de l’argent. Pour cela, il avait besoin de soutient des politiciens et il disait avoir le soutient même du président de la Serbie. Le soutient des collaborateurs les plus proches de Tadic a rendu Beko tellement puissant qu’il a décidé de ne plus me rendre les 8 millions d’euros de dette. Il était convaincu qu’il allait s’arranger pour que je sois condamné à une longue peine de prison au cours d’un procès monté de toutes pièces par-devant le Tribunal spécial, raison pour laquelle il n’avait pas besoin de me rembourser la dette.
Aidé par les politiciens du DS, c’est alors qu’il a commencé à faire pression sur mes partenaires de WAZ pour qu’il résilie le contrat avec moi pour ensuite conclure un autre contrat directement avec les sociétés de Beko et que c’était la seule manière pour WAZ d’obtenir les actions des « Vecernje Novosti » après tout le temps et argent investi. Outre Beko, cela a été confirmé à WAZ par les représentants du DS et du gouvernement serbe ce qui a fait que, après toutes les pression, WAZ a résilié le contrat avec moi en décembre 2008 pour ensuite en conclure un autre, directement avec Beko et ses sociétés. Toutefois, comme WAZ m’avait transféré de l’argent que j’ai par la suite transféré à Beko par l’intermédiaire de ma société, mes garanties émise au profit de WAZ sont bloquées jusqu’au transfert des actions de « Vecernje Novosti » à WAZ. Cette situation reste inchangée à ce jour, en mai 2010, soit 17 mois après que j’ai été écarté du projet. Comme les propriétaires de WAZ sont devenus mécontents avec le projet d’acquisition des « Vecernje Novosti », ils ont fait appel aux garanties et ont ainsi pris les sociétés qui ont émis ces garanties. C’est ainsi que j’ai non seulement manqué de réaliser un gain en rapport avec ledit projet mais aussi j’ai subi un dommage s’élevant à plusieurs millions d’euros, en raison des garanties que j’ai fait émettre. Le dommage que je suis en train de subit est le fruit d’un agissement sans scrupule et criminel de Beko et Miskovic qui ont acheté les actions des « Vecernje Novosti » grâce à mon argent, soit celui de WAZ, il y a quatre ans et, au lieu de les rendre en conformité avec le contrat, ils ont gardé tant l’argent que les actions. Ces derniers mois, tant Beko que Miskovic était à la recherche d’un partenaire au gouvernement qui les aiderait à finaliser cette escroquerie. Beko va jusqu’à affirmer publiquement qu’il avait passé des accords dans ce sens avec Dragan Djilas et Srdjan Saper, haut fonctionnaires du DS et amis proches de Boris Tadic. Beko affirme qu’il contrôle le DS et Tadic par l’intermédiaire de ces deux personnes, qu’il contrôle la Commission pour la protection de la concurrence laquelle, malgré l’obligation légale de rendre l’avis, ne le fait pas depuis plus de deux ans. Sur la base de ses accords avec Djilas et Saper, Beko a démarré une campagne contre « WAZ » dans les « Vecernje Novosti » avec l’aide de Manojlo Vukotic, dans le but de créer l’impression que le transfert des actions signifierait la perte des valeurs nationales, la trahison de l’Etat et similaires allusions. Le but de cette campagne est le pur chantage de la part de Milan Beko qui ne remplit ses obligations, ne rend pas l’argent tout en demandant sans arrêt des fonds supplémentaires, en alléguant que le gouvernement a changé et qu’il doit aussier payer les « nouveaux venus ». Pour la même raison, ils ont forcé leurs employés, les rédacteurs en chef de « Blic », « Press » et « Vecernje Novosti » de publier un communiqué officiel le 16 mai 2010 dans lequel ils ont accusé WAZ et moi-même de vouloir créer un monopole sur la distribution des médias imprimés en Serbie ?! Cette déclaration est faite par ceux qui ont forcé WAZ d’interrompre la collaboration avec moi tout en sachant que je n’ai que des soucis financiers avec WAZ. Ce pamphlet a été signé par les rédacteurs en chef qui ont mené la campagne pour que « Futura Plus » soit confisqué et qui ont jubilé lorsque l’Etat l’a mis en faillite, sans mon accord et sans que je sois informé que cela allait se produire. Ils lance des accusations mensongères dans les médias au moment où les actions doivent être transférées au propriétaire et lorsque ils ont épuisé tous les arguments sur lesquels ils se fondaient depuis quatre ans pour éviter de remplir leurs obligations.
Pendant ce temps, ensemble avec Manojlo Vukotic, les deux autoproclamés maîtres de Serbie continue de piller les « Vecernje Novosti » et de détruire les avoirs de la société. Les résultats officiels montrent que les « Vecernji Novosti » ont accusé une perte en 2008 et 2009 de 6'836'532 euros, que le tirage est en chute libre tout comme des revenus de la société, ce qui dévoile la vrai mission de ces deux « entrepreneurs respectables ».
Je suis en possession de toute la documentation relative à toutes les informations et allégations susmentionnées. Je joins à la présente déclaration une partie de la documentation sur la base de laquelle il est possible d’ouvrir une enquête et procéder à l’analyse de tous les abus commis pendant la privatisation des « Vecernje Novosti ».
Je me tiens prêt à remettre l’ensemble de la documentation tout comme toutes les autres informations aux représentants du Parquet spécial à la prise de contact direct.
Compte tenu des circonstances, je pourrais être entendu par vous ou par vos représentants à Genève, où je vis. Je crois que vous aller accepter cette proposition et m’entendre de la même manière que vous l’avez fait avec Ratko Knezevic à Zagreb ou à Londres. Par ailleurs, j’ai été moi aussi récemment entendu par les Parquets de certains pays voisin de la Serbie et je crois que votre Parquet prendra la même décision.
Stanko Subotic
AU DEPARTEMENT SPECIAL POUR LE CRIME ORGANISE
AU PROCUREUR POUR LE CRIME ORGANISE
BELGRADE
USTANICKA 15
DECLARATION SUR LES INFORMATIONS A PROPOS DU CRIME ORGANISE
LE DEPOSANT : STANKO SUBOTIC
L’OBJET DE L’INFRACTION
LA PRIVATISATION DU QUOTIDIEN « VECERNJE NOVOSTI »
Il y a plus de deux mois, lors d’une intervention publique par les médias, j’ai accusé, Milan Beko et Miroslav Miskovic d’avoir commis de différentes infractions qui ont eu pour effet de me causer un dommage s’élevant à plusieurs millions d’euros et qu’ils avaient frauduleusement utilisé mon argent dans le cadre des privatisations du quotidien « Vecernje Novosti » et de la société « Port de Belgrade ». A cette occasion, votre Parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête relative.
Comme ni le Parquet ni la police m’ont contacté à ce jour à ce propos (alors que vous êtes en possession de mon adresse et de mes coordonnées pour m’avoir notifié des actes concernant la procédure judiciaire à mon encontre qui suit sont cours) de même que mes avocats, j’ai décidé de vous faire parvenir la présente déclaration écrite ainsi que de produire des pièces à l’appui de ladite déclaration en vue d’étayer mes allégations. La présente déclaration trouve également sa raison d’être dans des allégations, de plus en plus persistantes, de Milan Beko et de Miroslav Miskovic, selon lesquelles « ils ont tout arrangé et convenu », que les conclusions de l’enquête (qui n’est point) leur seront favorable et que le Parquet annoncera, dans quelques mois, la clôture de l’enquête faute de preuve et que la privatisation des « Vecernje Novosti » et « Port de Belgrade » n’était pas entachée d’irrégularités.
Précisément pour éviter ce genre d’épilogue, je dépose par la présente ma déclaration à l’appui de laquelle je produis une partie de la documentation relative à la privatisation de « Vecernje Novosti » alors que je déposerai également, dans le mois qui suit, le dossier relatif au « Port de Belgrade » ainsi que de la privatisation de la société « Putnik » mais aussi les dossiers concernant d’autres privatisations illégales, à l’instar de l’Industrie du matériel de construction « Trudbenik » de Vrsac. Je vous informe que je suis en possession de l’ensemble de la documentation relative aux dossiers susmentionnés et qui consiste en documents originaux. Je souligne que je joins à la présente déclaration seulement la copie d’une partie des documents qui confirment clairement mes allégations et description de l’ensemble des infractions commises qui sont poursuivies d’office. Dans une déclaration spéciale, également jointe aux présentes, je vous communique ce que je sais sur les infractions commises par Manojlo Vukotic, directeur de « Vecernje Novosti » pendant la période de 2002 à ce jour. Outre l’abus de la fonction officielle et acceptation des pots-de-vin, il y est question de toute une série d’autres infractions poursuivies d’office.
INTRODUCTION
Je suis retourné en Serbie en 2001, après les changements du 5 octobre, dans le but d’aider, par les affaires, les efforts du gouvernement de résoudre les problèmes accumulés pendant des années et son effort de reconstruction du pays qui était complètement détruit. Ont contribué à cette décision ma volonté de travailler dans le pays où je suis né ainsi que mes intérêts professionnels. Je suis venu en Serbie avec un capital important ainsi que tous mes contacts d’affaires sans oublier que j’ai contribué à ce que les grandes sociétés multinationales avec qui j’ai travaillé suivent également. L’arrivée en Serbie de la société multinationale « British American Tobacco » (ci-après le « BAT »), le plus grand producteur de cigarettes mondial, qui avait l’intention d’investir des millions dans sa nouvelle usine, ce qui aurait directement arrêté l’immense trafic de cigarettes en Serbie, a dérangé les liens entre les politiciens et trafiquants qui s’étaient tissés depuis des années. A la place de la bienvenue, voire des réactions et reconnaissances positives dans le public, le BAT et le gouvernement serbe ont dû endurer une véritable harangue médiatique. Ces attaques sans scrupules ont eu pour conséquence que j’ai été publiquement dépeint comme la personne la plus négative qui ait existé en Serbie.
La raison principale pour cette diffamation à mon encontre étaient mes liens de proximité avec le président du Monténégro et le premier ministre serbe. Ils étaient les deux des cibles principales des cercles réactionnaires de l’ancien régime de Milosevic, qui étaient des instigateurs de ladite harangue médiatique. La campagne pour la destitution des gouvernements serbes et monténégrins légitimement élus a été basée sur des articles commandés et complètement mensongers publiés dans le magazine croate « Nacional ». Le rédacteur en chef était sous des ordres directs des oligarques de trafic guidé par Ante Vlahovic, le propriétaire de « Tvornica Duhana Rovinj » qui avait le plus à craindre à cause de l’arrivée du « BAT » en Serbie. L’action a été synchronisée avec le cabinet de Vojislav Kostunica, qui était à l’époque président de la Yougoslavie (soit de l’Etat entre la Serbie et le Monténégro), qui avait regroupé tous les anciens cadres de Slobodan Milosevic et qui menait la campagne direct pour la destitution du premier ministre serbe, Zoran Djindjic, et du président monténégrin Milo Djukanovic.
C’est précisément à cause des raisons susmentionnées que j’ai renoncé à l’idée d’investir des fonds dans les affaires de commerce et production du tabac, ce qui constituait mon fonds de commerce pendant des années, pour me tourner vers d’autres affaires qui étaient disponibles sur le marché. C’est comme cela que j’ai participé à l’appel d’offres pour la privatisation du réseau de distribution de presse « Duvan » et j’ai aussi publiquement annoncé que j’avais l’intention d’acheter d’autres réseaux de distribution comme « Borba », « Politika », Stampa », etc. A cette fin, j’ai commencé à négocier avec le plus grand réseau de distribution de presse en France, dans le but d’investir ensemble en Serbie et d’y appliquer la meilleure technologie européenne en matière de distribution.
A la même période, je suis également entré en contact avec la société de médias allemand WAZ qui était déjà présent en Serbie. On a commencé la collaboration professionnel compte tenu de nos intérêts professionnels convergents et alors que nous avions les deux l’intention d’investir dans la production et la distribution de la presse.
Pendant l’année 2002, l’Etat a annoncé la vente de la maison d’édition « Borba » et j’ai conclu un contrat de consortium avec les représentants de WAZ de manière à ce que j’achète le quotidien « Vecernje Novosti » pour leur compte alors que j’étais personnellement intéressé par le réseau de distribution. C’était la raison pour laquelle j’ai entrepris de contacter de nombreuses personnes tant au niveau du gouvernement qu’au niveau de la société « Borba ». Je souligne que la structure de propriété ainsi que le modèle de privatisation n’étaient pas clair à cette époque.
RENCONTRE AVEC MILAN BEKO
Au début de l’année 2003, Milan Beko, l’ancien ministre de Slobodan Milosevic et ami proche de sa famille, en particulier de son épouse Mirjana Markovic, est entré en contact avec moi. Sachant que Beko était le ministre pour la privatisation à l’époque de Milosevic, j’ai accepté de le rencontrer avec quelques réticences. Lors de la première rencontre, Beko m’a indiqué avoir entendu parler de mon intérêt pour la privatisation de la chaine de magasins « Beograd » et que la seule manière d’acheter cette chaine était d’accepter ses conditions, qui comprenaient que je devais lui verser un million d’euros d’honoraires ! A cette occasion, Beko m’a indiqué que presque tout le monde de l’Agence de la privatisation « travaillait » pour lui et il a en particulier indiqué un certain Vuk Delibasic. Beko a même affirmé que le ministre Vlahovic était son partenaire d’affaires et qu’il avait lui-même nommé une employée de sa société « Dibek », Olivera Savovic, à la fonction de l’administratrice de RK « Beograd » en faillite. Comme je n’étais pas particulièrement intéressé par cette privatisation et puisque j’étais en partie repoussé par son attitude arrogante et son passé politique, nous avons rapidement mis fin à notre réunion. Nous ne sommes plus rencontrés jusqu’en 2004 lorsque Beko m’a contacté de nouveau pour m’indiquer qu’il était au courant de mes intentions d’acheter le quotidien « Vecernje Novosti » et qu’il voulait m’offrir ses services. Nous nous sommes rencontré de nouveau et, à cette occasion, il m’a indiqué, avec l’arrogance qui le caractérise, que « ses gars » étaient venus au pouvoir, se référant à Kostunica, et que lui, Milan Beko, était le maître absolu des privatisations en Serbie ?! Il a affirmé avoir passé un accord avec Kostunica en personne selon lequel les privatisations importantes ne pouvait se faire qu’avec son consentement. Pour me convaincre, Beko m’a indiqué que Kostunica lui a mis à sa disposition ses hommes de confiance pour qu’il soit sous ses ordres, quand il s’agissait de la privatisation. La liste de ces personnes comprenaient Dejan Mihajlov, secrétaire général du gouvernement serbe, Aleksandar Nikitovic, chef du cabinet du premier ministre, Predrag Bubalo, ministre pour la privatisation, et quelques autres personnes. Beko était particulièrement fier du fait qu’il avait réussi à placer son employée, Olivera Savovic, à la tête de l’Agence pour les papiers-valeur, qui est une institution clé pour le commerce des titres et privatisations qui se font par les rachats d’actions. Il m’a aussi indiqué que l’Agence pour les papiers-valeurs avait été créée à sa demande et conformément à ses indications. C’est ainsi que le directeur de cette Agence était Miodrag Djordjevic, un ancien membre de la Sécurité d’Etat, que Beko connaissait de l’époque où il était ministre, alors que la personne clé de l’Agence était Goran Mrdja que Beko a placée à la position du directeur exécutif qui assume la position clé dans le processus de privatisation. Il m’a aussi rappelé que Vuk Delibasic était passé dans sa société tout en maintenant contact avec les anciens collègues de l’Agence et « contrôlant » les autres employées de l’Agence. Afin de faire la démonstration de son influence, il a appelé Djordjevic et Mrdja, a discuté avec eux de la privatisation de « Vecernje Novosti » tout en me laissant écouter ce qu’ils répondaient à ses questions. Compte tenu du ton de ces conversations téléphoniques et de la serviabilité manifestée par Djordjeviet Mrdja j’en suis venu à conclure que Beko était l’autorité pour ses deux interlocuteurs. En m’expliquant son pouvoir, Beko m’a indiqué que c’était précisément en utilisant ces connexions qu’il avait réussi à acheter « Knjaz Milos », « Imlek », « Bambi », plusieurs dizaines de laitières à travers la Serbie et d’acquérir le monopole sur la production de lait, avoir de dizaines de sociétés privatisées dans son portefeuille qu’il revend avec des millions de profit. Comme je n’avais probablement pas eu l’air d’être très impressionné par sa démonstration, Beko a aussi appelé Dejan Mihajlov, qui était à l’époque le secrétaire général du gouvernement, et a entamé la discussion avec lui à propos de la privatisation du quotidien « Vecernje Novosti ». Beko m’a également laissé écouter cette conversation téléphonique et, en entendant certaines allusions et blagues qui s’étaient dites alors, j’ai compris que cette privatisation serait, elle aussi, offerte en premier à Beko.
LA PRIVATISATION DE « VECERNJE NOVOSTI »
J’ai informé mes partenaires de WAZ à propos de ma réunion avec Milan Beko mais ils ne voulaient pas m’écouter jusqu’à la fin en m’indiquant qu’ils étaient un géant des médias et qu’ils allaient traiter directement avec le gouvernement, sans implication d’intermédiaire et spéculateurs. Cette attitude de WAZ peut vraisemblablement s’expliquer par l’animosité personnelle du premier homme du conglomérat, Bodo Hombach, envers Beko, en raison de son rôle de ministre de Milosevic.
L’accord que nous avons conclu à cette époque prévoyait que les représentants de WAZ allaient négocier tous les accords d’une manière officielle avec les représentants de « Vecernje Novosti » et l’Etat qui était l’actionnaire principal. Compte tenu de ce qui précède, le 27 janvier 2005 j’ai tout d’abord signé un accord avec la société WAZ puis un annexe à cet accord en date du 24 février 2005 qui définissait nos relations mutuelles dans le cadre de l’achat de « Vecernje Novosti » ANNEXE 1
A cette occasion, j’ai émis des garanties à la société WAZ, tant des garanties personnelles que des garanties émises par l’intermédiaire de mes sociétés D-Trade de Belgrade et EMI du Danemark. Au cours de l’année 2005 nous avons eu plusieurs dizaines de réunions avec les plus hauts représentants de l’Etat, à commencer par le premier ministre Kostunica, les ministres, membres du cabinet du premier ministre, jusqu’aux représentants des agences et autorités compétentes. Les représentants du gouvernement ont essayé de laisser l’impression des politiciens qui ne savaient pas encore quel modèle de privatisation allait être appliqué et ce qui était dans le meilleur intérêt de l’Etat. Ainsi, nous perdions du temps parce que nous passions le temps à discuter du « futur appel d’offres », comme disait le ministre Bubalo, pour ensuite discuter de l’achat d’actions où l’Etat allait se joindre aux petits actionnaires, après la réunion chez Vojislav Kostunica. Et ainsi de suite.
Pendant toute la durée de nos négociations avec l’Etat, WAZ et moi-même recevions des « signes amicaux » nous indiquant que nous n’allions jamais réussir à acheter les « Vecernje Novosti » à moins de trouver des personnes capable de nous aider. Bien entendu, le nom de Beko nous a été donné le plus souvent. Beko lui-même a rencontré Srdjan Kerim, un des directeurs de WAZ à Belgrade. A cette occasion, il a été dit à Kerim que sans lui les « Allemands ne pourront acheter rien en Serbie » puis, après avoir énuméré tous les fonctionnaires qui travaillaient pour lui, il a également indiqué que Miroslav Miskovic, le plus puissant et riche des hommes d’affaires serbes, avait essayé, sans succès, d’acheter la plus grande chaine de supermarché « C-market » pendant des années et que, à la fin, même Miskovic a dû venir prier Beko d’arranger l’affaire ce que ce dernier a réussi à faire, auprès du cabinet de Vojislav Kostunica. Comme dans toutes les autres privatisation, Beko a acheté le « C-market » puis l’a revendu à Miskovic. Il a fait tout cela en utilisant les comptes offshores des sociétés sans payer le moindre impôt à l’Etat. Selon ses dires, il a payé d’importants honoraires aux gens de Kostunica ainsi qu’aux gens de l’Agence pour la privatisation ont été engagé pour le compte de sa société qui était devenue propriétaire de « C-market ».
LA PRIVATISATION EN SERBIE N’EST PAS POSSIBLE SANS MILAN BEKO
Je recevais également des messages de Milan Beko indiquant que je ne pourrais rien faire en Serbie sans lui. Le plus tenace à me transmettre ces messages était Dragi Micovic, que j’ai rencontré en faisant des affaires en Serbie. A l’occasion des premières rencontres avec Micovic j’ai appris qu’il était également le parrain de Dejan Mihajlov, grâce à qui il avait de l’influence sur le gouvernement et le parlement et grâce à qui il recevait des contrats et gagnait des millions, ce que j’ai pu constaté par moi-même. Par l’intermédiaire de Micovic, j’ai organisé de nombreuses réunions au gouvernement serbe auxquelles se rendaient les représentants de WAZ et de ma société. Je souligne que lors de ces rencontres on nous a à chaque fois rassuré on nous indiquant que la privatisation serait transparente et légale et que si on offrait les meilleures conditions et prix les « Vecernje Novosti » deviendrait la propriété de WAZ. Quelques semaines après ces réunions, les représentants du gouvernement arrêtaient de nous appeler alors que les messages de « chercher un piston » s’intensifiaient, ce qui faisait que nous devions de nouveaux chercher des contacts pour nous organiser des réunions avec le gouvernement et reprendre tout à nouveau.
C’est à cette période que Dragi Micovic m’a donné rendez-vous d’urgence au Monténégro, à l’hôtel « Vila Montenegro » m’indiquant qu’il avait pour moi un message important venant du gouvernement serbe. Comme j’avais un empêchement j’ai envoyé un représentant alors que Micovic est venu avec son parrain Dejan Mihajlov, le secrétaire général du gouvernement serbe. Le message se rapportait à la privatisation des « Vecernje Novosti » et consistait à dire que Vojislav Kostunica et son gouvernement ne pouvait ouvertement vendre ce quotidien aux Allemands, comme ils disaient, parce que cela était contraire à la politique et aux déclarations publiques de Kostunica, mais qu’ils proposaient toutefois une solution qui consistait à utiliser des intermédiaires en la personne des « hommes d’affaires du pays » qui transféraient immédiatement des actions à moi alors que je les transférerais à WAZ en conformité avec notre contrat. Ils ont indiqué que cette solution serait la meilleure parce qu’elle permettrait tant au premier ministre de « sauver la face » qu’à nous de devenir propriétaires. Après avoir appris que ce message, transmis par son homme le plus fidèle et le haut fonctionnaire du pouvoir, venait du premier ministre en personne, en tant qu’homme d’affaires qui souhaitait clôturer l’affaire cette offre m’a paru acceptable, ce dont j’ai informé mes partenaires de WAZ.
Toutefois, quand bien même ils étaient fatigués des atermoiements et des promesses non-tenues, ils ont exprimé le souhait d’essayer une nouvelle fois d’essayer d’obtenir le droit de participer à la privatisation à travers des institutions, la raison pour laquelle j’ai dû annuler l’offre de Dejan Mihajlov et Vojislav Kostunica. Toutefois, j’ai continué d’entretenir des contacts avec Mihajlov par l’intermédiaire de Drago Micovic. Ils venaient souvent au Monténégro à l’hôtel « Villa Montenegro » où ils étaient mes invités, compte tenu que j’en suis propriétaire.
L’ACCORD AVEC DEJAN MIHAJLOV
Mes partenaires ont décidé de s’écarter de leurs principes de traiter uniquement avec les institutions officielles pour acheter « Vecernje Novosti » après que le gouvernement a pris la décision de changer la loi et empêche ainsi la privatisation par le biais de l’appel d’offres. C’était un message clair du pouvoir que l’offre de Mihajlov était l’unique moyen d’acheter des actions. C’est alors que j’ai reçu le « feu vert » de mes partenaires pour négocier et que j’ai repris contact avec le cabinet de Vojislav Kostunica. Micovic est alors venu chez moi à Genève et, devant moi, il a appelé Mihajlov et me l’a passé puis, après que j’ai accepté l’offre, Mihajlov m’a indiqué que les « acheteurs du pays » seraient Milan Beko et Miroslav Miskovic, que tous les contacts passeraient par Micovic qui avait déjà établi de proches contacts avec Beko et Miskovic, qu’ils travaillaient aussi sur d’autres projets et qu’ils avaient déjà un « schéma prêt » pour ce genre d’affaires.
J’ai pris contact avec Beko et Miskovic en présence de Micovic puis nous avons commencé à négocier. Nous nous sommes mis d’accord que Beko allait organiser, par l’intermédiaire de ses contacts habituels, que leurs troisième partenaires, Manojlo Vukotic, directeur de « Vecernje Novosti », émette un prospectus au nom des petits actionnaires à une date précise, que Beko, par l’intermédiaire de ses gens de l’Agence pour les papiers-valeurs (soit Olivera Savovic, secrétaire) et du directeur de l’Agence pour la privatisation Miodrag Misko Djordjevic, organise l’achat des actions par le broker « MV Investments », dont il était co-propriétaire, de manière qu’ils soient les seuls acheteurs et qu’ils achètent des actions au moindre prix. Pour cela faire, ils allaient se mettre d’accord avec Dejan Mihajlov et Aleksandar Nikitovic, les hommes de confiance de Kostunica, que le gouvernement renonce de la vente de son portefeuille d’actions de même que le fond PIO1, de manière à ce que nous payions moins cher, ce qui causerait que le reste des actions allaient perdre de la valeur ce dont nous profiterions pour acheter le reste des actions encore moins cher.
Tant Beko que Miskovic m’expliquaient qu’ils avaient tout privatiser ainsi et m’ont expliqué en détail comment ils ont acheter le « Port de Belgrade ». Ce modèle devait également être appliquer aux « Vecernje Novosti » et ils m’ont demandé à combien s’élevait le budget pour l’achat, afin qu’ils puissent mettre en place le plan. Ils ont également demandé de rencontrer mes partenaires de WAZ, ce que j’ai réussi à faire malgré les grandes réticences de Bodo Hombach et nous nous sommes tous rencontrée dans les locaux de « Delta » à Belgrade.
Lors de cette réunion, on nous a confirmé encore qu’il avait été arrangé avec le sommet de l’Etat que la vente des actions se fasse par l’intermédiaire de Beko et Miskovic qui allaient ouvrir plusieurs société à cet effet qui deviendraient des actionnaires formels. Par la suite, les actions seraient transférées à ma société que je transférerais à WAZ en vertu du contrat signé. Lors de cette réunion, nous leur avons indiqué que le budget pour l’achat de 100% des actions de « Vecernje Novosti » était de 28 millions d’euros, que WAZ souhaitait acquérir les 100% mais pas moins de 51%. Comme WAZ avait déjà mis de l’argent à ma disposition, selon le contrat, nous nous sommes mis d’accord que j’allais signer le contrat avec les sociétés de Beko et Miskovic à qui je transférerais de l’argent lorsqu’ils reprendraient les actions en échange de quoi, ils me transféraient les actions dans un délai de 90 jours. Pour ce faire, j’ai engagé la société « Senta » qui a suivi tout le projet pour moi. Comme mes partenaires de WAZ avaient mes garanties bancaires, ils ont accepté ces conditions et les mécanismes qui allaient nous permettre d’acquérir les actions.
LA VENTE DES ACTION
Peu de temps après notre accord, Beko et Miskovic ont constitué leurs sociétés, Manojlo Vukotic a « émis le prospectus » et les actions ont été rapidement mises en bourses. Selon un scénario convenu d’avance, le seul acheteur qui s’est manifesté était Beko de manière que sa société luxembourgeoise « MV Investments » était devenue actionnaires de 60,87% d’actions de « Vecernje Novosti », achetées des petits actionnaires, en date du 29 août 2006.
Tout de suite après le transfert des actions à la société de Milan Beko, j’en ai informé mes partenaires de WAZ et, le 13 septembre, nous avons convenu d’un nouvel contrat prévoyant le partage en terme de pourcents, délais et montants. Tous le mois de septembre a été consacré à la rédaction de contrats et autres documents entre, d’une côté, les partenaires de WAZ et moi-même et, de l’autre côté, Milan Beko et ses sociétés. ANNEXE 2
Selon le contrat signé, et conformément à notre pré-accord, j’ai transféré à Beko les montants de 5’779'069 euros à la société « Ardos Holding GmbH », le montant de 5779'696 à la société « Trimax Investments GmbH », les deux sociétés ayant été constituées en Autriche, et le montant de 3'120'266 à la société « Karamat Holdings Limited » de Chypre. ANNEXE 3
D’entente avec Miskovic, Beko a constitué les trois sociétés afin de, selon ses dires, éviter de payer l’impôt en Serbie et en vue de réaliser le profit qu’il avait l’intention de transférer sur les sociétés off-shore et payer, selon ses dires, tout le sommet du gouvernement serbe mais aussi les partis politiques qui préparaient les élections. L’argent devait aussi couvrir d’autres frais, y compris le bonus pour Manojlo Vukotic, d’un montant de 1'000'000 d’euros pour son aide avec la privatisation, dont il lui a été immédiatement été versé 500'000 sur le compte en Grèce tout de suite après la privatisation. Beko nous a communiqué les détails liés au paiement des différentes personnes pour justifier la constitution de dizaines de sociétés (en plus des 4 sociétés, il a également fait ouvrir une dizaine d’autres) mais aussi pour nous expliquer la grande différence de prix de revente d’une société à une autre. En présence de Drago Micovic, il a expliqué que, sur une différence de prix de revente de presque 10 million, lui et Miskovic n’allaient garder que 4 ou 5 millions alors que le reste devait être verser à Dejan Mihajlov et Aleksandar Nikitovic qui devaient ensuite donner de l’argent à Dragan Jocic, Rade Bulatovic, Predrag Bubalo et à Kostunica pour le DSS, parce que cela correspondait à l’accord passé au cabinet en 2005 et parce que chacun d’entre eux avait son rôle dans le processus de privatisation. Comme Beko devait aussi payer les employés des agences, soit Misko Djordjevic, Olivera Savovic et certaines autres personnes, ce qu’il n’était pas en mesure de faire, Dragi Micovic m’a demandé de verser encore 500'000 euros à DSS pour les élections. Il m’a expliqué que cette demande venait directement de Dejan Mihajlov et pour le prouver, ils sont de nouveau venus au Monténégro et m’ont appelé ensemble. Au cours de la conversation, nous avons eu un malentendu dans la mesure où Micovic a changé de version pour me raconter que l’argent était destiné à des amis communs et non plus à des élections. Plus tard, il m’a dit que l’argent était pour Jocic, Nikitovic, Bulatovic et DSS par le biais du compte de Drago Micovic en Italie.
Pendant que j’étais encore proche avec Beko et Miskovic, je leur ai montré plusieurs fois l’ordre de transfert pour leur indiquer que j’avais la preuve que j’ai payé les principaux gens de Kostunica et qu’ils n’oseraient pas m’escroquer dans l’affaire des « Vecernje Novosti ». Lorsque l’enquête a été ouverte contre moi, j’ai reçu le message que c’était en partie à cause de cette histoire de l’ordre de transfert.
LE TRANSFERT D’ACTIONS DEPEND DES ELECTIONS
Quand bien même Milan Beko avait l’obligation de nous transférer les actions dans le délai convenu de 90 jours, ceci n’a jamais eu lieu. De nombreuses justifications ont été avancé pour expliquer le retard : les délais causés par l’administrations, le manque de temps des avocats de Beko pour finaliser les documents et même les justifications politiques parce que c’était prétendument peu convenable de transférer les actions à WAZ car ceci aurait pu discréditer Kostnunica. Même le document officiel envoyé par Beko et Miskovic porte la mention que les actions seraient transférer au plus tard dans les 6 mois après les élections. ANNEXE 5
Beko a expliqué qu’il devait se passer 3 mois pour former le gouvernement et encore 3 mois pour les premiers 100 jours du gouvernement et que les actions seraient transférées par la suite. Alors que pendant cette période nous avons essayé de faire transférer les actions, j’ai été contacté par Aleksandar Tijanic, directeur de la télévision d’Etat et encore un ancien ministre de Milosevic et ami extrêmement proche des plus haut fonctionnaires de l’Etat. Son commentaire était que Kostunica ne permettait pas que les actions soient transféré à WAZ étant donné qu’il avait déclaré publiquement qu’il n’allait jamais permettre cela et que nous devions dès lors attendre que cela tombe dans l’oubli. Comme c’était important pour nous de tout officialiser et d’annoncer publiquement l’achat des « Vecernje Novosti », Tijanic a proposé de parler aux personnes au pouvoir et proposer une solution. Lors de la réunion tenue à Dusseldorf, en présence de Srdjan Kerim et Bodo Hombah, la proposition d’Aleksandar Tijanic était comme suit : WAZ allait employer Tijanic en tant que directeur d’image corporatif, afin qu’ils change l’image négative de WAZ en Serbie dans un délai de 6 mois à une année. Il nous a indiqué avoir de l’influence dans presque tous les médias imprimés et dans la plupart des médias électronique et qu’il serait aider dans cette tâche par Dragan Jocic, Rade Bulatovic et Srdjan Djuric (secrétaire du gouvernement pour les médias et président du Conseil d’administration des « Vecernje Novosti »), Dejan Mihajlov et Aleksandar Nikitovic. Pour prouver son importance et ses liens avec les fonctionnaires susmentionnés, Tijanic a montré son téléphone en exhibant et lisant des SMS et même en appelant directement certains d’entre eux. Je l’ai demandé à la fin combien il voulait pour son honoraire, ce à quoi il a répondu qu’il attendait une offre de notre part mais que cette offre devait être supérieure à son contrat avec la « Delta » pour les mêmes services et qui était d’un million d’euros par année. Nous avons convenu de nous rencontrer de nouveau dans quelques semaines, lorsque les partenaires de WAZ prendrait la décision. Nous n’avons toutefois pas eu de nouvelles discussions parce que, selon Tijanic, Aleksandar Nikitovic lui a interdit de continuer des négociations.
Le 20 décembre 2006, la société de Beko « Stadlux » et la société « Senta » qui avait géré cette transaction pour moi ont signé l’accord de transaction, dont l’objet était la vente des actions des « Vecernje Novosti ». ANNEXE 6
Les élections ont été prévu pour le 26 janvier 2007 et selon Beko, les actions devaient nous être transférées au plus tard jusqu’en juin 2007. Pendant cette période, je passais beaucoup de temps à Belgrade, je développais les affaires de ma société « Futura Plus » que j’avais créée ensemble avec la société WAZ tout en rencontrant régulièrement Beko, Miskovic, Micovic, Aleksandar Tijanic ainsi que de nombreux autres fonctionnaires.
C’est à cette époque que j’ai appris que le Parquet préparait l’acte d’accusation contre un groupe de personnes pour la contrebande de cigarettes dans les années ’90, parmi lesquelles se trouvaient des personnes travaillant pour mes sociétés et moi-même. Je connaissais l’existence de l’enquête privée et secrète ordonnée par l’ancien ministre de l’intérieur Dusan Mihajlovic, que ce dernier a entrepris dans le but d’englober par cette enquête tous les hommes d’affaires aisés qu’il croyait pouvoir soumettre au chantage. J’étais une de ces personnes contre qui Dusan Mihajlovic a exercé du chantage. J’ai d’ores et déjà déposé des plaintes pénales contre Mihajlovic aux polices de la Suisse, France, Grande-Bretagne alors que j’ai adressé des messages, par l’intermédiaire de Micovic, Beko, Tijanic et autres, au ministre de la police de la Serbie, Dragan Jocic, et au directeur de la police secrète Rade Bulatovic. Tous les politiciens susmentionnés m’ont indiqué qu’ils savaient ce que Mihajlovic faisait et que je n’avais rien à craindre.
Au cours de l’année 2007, j’étais à Belgrade tout le temps et j’ai travaillé pour ma société « Futura Plus » alors que j’ai également travaillé sur le projet des « Vecernje Novosti ». En effet, l’accord que nous avons passé avec Beko et Miskovic comprenait aussi le droit de reprendre la gestion de la société compte tenu que nous étions devenus propriétaire de la société alors que Beko et Miskovic restaient formellement propriétaires. Nous avons accepté qu’ils nomment le Conseil d’administration alors que nous avions assumé les fonctions exécutives. Comme cela faisait très longtemps que j’étais absent du pays et que je ne connaissais pas les managers, j’ai accepté la proposition de Beko de nommer Misko Djordjevic, qui quitterait sa position de directeur de l’Agence pour la privatisation pour devenir le directeur de la société. Après les explications que pendant les élections nous ne pouvions pas changer Manojlo Vukotic, afin d’éviter que cela ne rende plus difficile le transfert d’actions, j’ai accepté que de placer Misko Djordjevic à la place du vice-directeur des « Vecernje Novosti ». Djordjevic m’a toujours traité de son employeur et m’a toujours tenu informé de la situation dans la société, même lorsque le mandat d’arrêt a été frauduleusement décerné à mon encontre en 2007. ANNEXE 7
Quand bien même il s’était passé déjà 5 mois depuis la vente de actions, nous continuions de croire Beko et Miskovic, en particulier parce que nous recevions des assurances de Dejan Mihajlov, Aleksandar Nikitovic, Dragan Jocic, Aleksandar Tijanic et de nombreux autres « anciens-nouveaux » ministres et fonctionnaires, qui ont gardé le pouvoir et les fonctions avec Kostunica comme premier ministre. Nous continuions de nous voir et collaborer professionnellement, tant sur le projet des « Vecernje Novosti » que sur d’autres projets que j’avais commencés avec Beko et Miskovic.
MISKOVIC ME DEMANDE DE LUI FAIRE TRANSFERER MES AVOIRS
C’est ainsi que j’ai reçu un appel de Miroslav Miskovic pour le rencontrer au Monténégro de toute urgence. Nous nous sommes rencontrés le 6 juin 2007 à Budva. Svetozar Marovic et Dragi Micovic, qui était venu avec Miskovic, étaient également présents à la réunion. Lors de la réunion, mon téléphone a sonné et le rédacteur en chef du quotidien « Press » tenu par Miskovic m’a appelé pour me demander de lui commenter la nouvelle selon laquelle Parquet spécial pour le crime organisé avait rendu l’acte d’accusation contre moi et a ordonné l’arrestation de mes anciens collaborateur pour l’infraction dite de l’abus de la position officielle. J’étais tellement choqué tant par l’information que par l’audace du journaliste que j’ai passé le téléphone à Miskovic qui a continué la discussion avec son rédacteur en chef, prétendant de lui demander des explications. A la fin de la conversation, Miskovic a feint le choque et a passé plusieurs appels, dont un avec le ministre de l’intérieur Dragan Jocic, et a reçu l’information de tout le monde que cela avait été fait sans le concours du gouvernement, que cela devait être quelqu’un du Parquet et qu’il s’agissait d’une erreur, etc. Micovic a appelé Mihajlov, Rade Bulatovic et certains autres fonctionnaires qui ont tous prétendu d’être surpris et ont allégé que c’était l’autre partie du gouvernement qui a fait cela par l’intermédiaire du Parquet (DS et Boris Tadic).
C’était bien entendu un pur non-sens, parce que j’entretenais de très bons relations tant avec Tadic qu’avec le Parti démocratique. Au bout d’une heure passé à téléphoner à de différents fonctionnaires de Belgrade, Miroslav Miskovic m’a proposé que je lui transfère tout mon patrimoine, y compris toutes les sociétés et plus particulièrement « Futura Plus » afin qu’il puisse les « préserver » pour moi, ce qui était très étrange parce que la loi sur la confiscation na été adopté que seulement 2 ans après et précisément pour permettre la confiscation de mes avoirs. Je n’ai pas accepté de faire transférer mes avoirs à Miskovic, croyant qu’il n’était pas possible que l’on m’accuse sans preuves et de manière illégale. A cette occasion, pour me convaincre, Miskovic m’a informé qu’il avait déposé la caution financière pour Sreten Jocic et, selon ses dires, il contrôlait Jocic et ses affaires. Comme j’ai persisté à refuser à lui faire transférer mon patrimoine nous avons fini la réunion et nous nous sommes quittés. J’ai contacté mon avocat pour apprendre que ni la police ni le Parquet ne m’avaient même pas convoqué, qu’ils n’en avaient pas informé mon avocat et qu’ils avaient déjà émis un mandat d’arrêt d’une manière totalement illégale et sans preuves. Pour moi, il s’agissait clairement d’un message mais j’ignorais encore son auteur.
L’enquête policière a été expressément transformé en un mandat d’arrêt d’Interpol, ce qui était une parfaite excuse pour Milan Beko de ne pas procéder au transfert d’actions, en expliquant qu’il serait très incommode si le public apprenait que les actions d’un quotidien était transférées à une personne sous le coup d’un mandat d’arrêt.
BEKO ET MISKOVIC COMMANDENT DES ARRESTATIONS
J’ai rapidement commencé à soupçonner Beko et Miskovic d’avoir pris part à la construction de l’acte d’accusation parce qu’ils m’avaient expliqué, à l’époque où nous nous fréquentions, que Miskovic appelait directement le ministre de l’intérieur Dragan Jocic ou le Procureur Radovanovic pour convenir des arrestations ou des actes d’accusation contre adversaires et les hommes d’affaires qui étaient sur son chemin. Beko devait passer par Mihajlov ou Nikitovic pour ce faire mais les deux avaient la possibilité d’influencer le travail de la police, Parquet et tribunaux.
C’est ainsi que pendant la privatisation du « C-market » ils avaient ordonné l’arrestation de Mika Brasnjevic et de ses collaborateurs et que Slobodan Radulovic, directeur du « C-market » a fini par être l’objet du mandat d’Interpol après la confrontation avec Beko et Miskovic. Fâchés contre le Président du Tribunal commercial Goran Kljajevic qui ne voulait pas les inscrire comme actionnaires du « C-market » ils ont même réussi à le faire arrêter et de le faire détenir en prison pendant près de 3 ans sans que l’acte d’accusation ait été décerné. Je me suis également rappelé que lorsque le fameux basketteur Vlade Divac qui a exprimé l’intention de participer à la privatisation des « Vecernje Novosti » cela nous a causé un souci, compte tenu de sa popularité en Serbie, mais Beko et Miskovic nous ont rassuré en nous indiquant qu’ils allaient l’empêchait de participer, même au moyen de l’arrêter, ce qu’ils répétaient en rigolant à chaque foi que l’on parlait de lui. A la fin, en raison des menaces de Misa Beko, Vlade Divac a fini par renoncer. J’ignore qui a concrètement menacé Divac mais je sais que Beko agissait comme quelqu’un de puissant entre autre parce qu’il était très proche de Franko Simatovic, qui est accusé devant le tribunal de la Haie. Beko entretenait également des relations d’affaires avec lui, à travers d’une société qu’il détenait avec le fils de Franko. Je souligne qu’au cours de ce processus, Milan Beko a fait la démonstration de sa puissance aussi en appelant Vlado Cupic, directeur de la banque « Hypo Banka » à Belgrade, pour lui demander de refuser à Vlade Divac d’y déposer les fonds qui devaient servir à l’achat des actions. A une occasion, Beko m’a indiqué que Cupic était sous son contrôle depuis l’époque où il était directeur de l’Agence pour la privatisation où il a été nommé par le partenaires d’affaires et parrain de Beko Danko Djunic, qui a également placé Aleksandar Vlahovic à la tête du Ministère pour la privatisation. Beko affirmait qu’il s’agissait de ses ancien employés et que lui et Djunic leur ordonne ce qu’ils devaient faire alors qu’eux s’occupaient de leur finance.
PRIVATISATION DE « PUTNIK »
Compte tenu de ce qui précède, j’ai commencé à suspecter sérieusement Beko et Miskovic et j’ai même eu une conversation avec Beko à ce propos. Il m’assurait et jurait qu’il n’était pas impliqué dans l’adoption de l’acte d’accusation mais il ne pouvait pas en dire autant pour Miskovic. Il m’expliquait que, selon ses sources, le problème était mon interview à RTV B92 de mai 2006, que le plus grand coupable était Brankica Stankovic qui avait fait cet interview et il a même pointé en direction de Boris Tadic et Ruzica Djindjic, en raison d’un arrangement que j’ai eu avec eux et dont j’ai informé Beko. Il a promis de tout faire pour essayer de m’aider et empêcher ce procès monté de toutes pièces d’avoir lieu. Pour se montrer en un ami sincère, il venait chez moi presque tous les dix jours, offrait des services et projets. C’est ainsi que nous avons commencé la privatisation de la société « Putnik » et certaines d’autres projets. Il a même proposé une fois son aide pour faire arrêter les attaques médiatiques de la part d’un politicien monténégrin marginal Nebojsa Medojevic, dont les mensonges et calomnies ont été régulièrement relayés en Serbie par les médias. Il a ainsi appelé devant moi et lui a demandé d’arrêter les attaques contre moi et le premier ministre du Monténégro Milo Djukanovic, en lui indiquant que nous deux n’étions plus des « targets », ce que Medojevic a accepté sans broncher et a réellement arrêter ces attaques pendant un certain temps. En raison de la servilité de Beko et de la manifestation convaincante de son amitié, j’ai réellement cru qu’il ne participait pas à la chasse lancée contre moi. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté de lui vendre mon appartement à Athènes pour un prix symbolique qui avoisinait la donation et je luis rendais de nombreux autres services. Il n’avait toujours pas transféré les actions de « Vecernje Novosti », ce qu’il expliquait par des raisons techniques, ouverture des sociétés offshore grâce auxquelles il a évité de payer les impôts en Autriche, où « Ardos » et « Trimax » sont domiciliées, par le biais du contrat de prêt et nantissement des actions, ce qui lui a permis de transférer les actions de « Vecernje Novosti » sur les comptes offshore. ANNEXE 8
Sur demande de Beko, de nombreux avocats et cabinet d’avocats de Belgrade, Salsbourg, Vienna, Chypre, Panama, Iles Vierges, Seychelles, etc. s’occupait de toutes les affaires liées au blanchiment et dissimulation d’argent, évasion fiscale tant en Serbie qu’en Autriche, voire dans d’autres pays. Parmi elles, le rôle le plus important a été joué par le cabinet d’avocats « Jankovic, Popovic, Mitic » de Belgrade, qui se trouve à l’adresse Carli Caplina 37. Les personnes clés de ce cabinet pour tous les agissements illégaux de Beko était Nenad Popovic et Suzana Stefanovic. Alors que Suzana Stefanovic s’occupait des affaires techniques et administratives en Serbie, Nenad Popovic était la personne clé dans toutes les privatisation de Beko, y compris la privatisation de « Vecernje Novosti ». La logistique liée au blanchiment d’argent et évasion fiscale était assurée par plusieurs cabinet d’avocats dont le plus important était « Cerha Hempel Spigelfeld Hiaqati » de Vienna, qui se trouve à l’adresse Parkring 2, dont les responsables étaient Dr Birkner Albert et Pia Muhrer. La personne qui était chargée par Beko, lorsque ce dernier avait un empêchement, de suivre les dossiers avec les avocats de toutes les sociétés qui participaient aux privatisations était Nikola Stojakovic de Belgrade. Nenad Popovic était le représentant de toutes les sociétés que Beko et Miskovic ont constitué dans le cadre de la privatisation des « Vecernje Novosti », à savoir « Stadlux SA », « Ardos Holding GmbH », « Trimax Investments GmbH », « Karamat Holdings Limited », « Bicos Beteiligungen GmbH », « ABISCO Verwaltung GmbH », Munon Management Limited », Vidoler Management Corproation ». ANNEXE 9
Afin d’éviter de payer les impôts tant en Serbie qu’en Autriche, en plus de la constitution des sociétés supplémentaires lesquelles se voyaient transférer les actions, Beko s’assurer contractuellement que la différence de prix soit atténuée par les coûts fictifs qu’il facturait en plus et des bonus pour les achats clôturés qu’il facturait par le biais des sociétés offshore. Ainsi, les sociétés « Stadlux », « Ardos », « Trimax » et « Karamat » gardaient un profits minimum alors que tous le profit réel se manifestait au niveau des sociétés offshore. Pour cette raison, je lui ai versé des sommes supplémentaire de 2'942'118 euros et 922'824.05 euros. Ainsi, le montant total que j’ai versé à Beko et Miskovic était de 18'897'602.68 euros. Dès que j’ai procédé au versement supplémentaire, de nouveaux problèmes ont surgi. Selon le contrat, Beko et Miskovic avaient l’obligation de s’assurer l’avis positif de la Commission pour la protection de la concurrence, ce qui, selon eux, ne représentait aucun problème compte tenu que « Senta » et «WAZ remplissaient les conditions d’octroi de la licence. Comme c’était ma société qui devait recevoir cet avis, Beko m’a suggéré de prendre le cabinet d’avocats « Moravcevic – Vojinovic – Zdravkovic » de Belgrade, à l’adresse Francuska 27, à qui j’ai donné la procuration parce que, selon Beko, il s’agissait des spécialistes dans ce domaine. Toutefois, malgré les spécialistes Relja Zdravkovic et Slaven Moravcevic, l’avis positif n’a pas été obtenu. Comme les actions ne pouvaient pas être transférées sans l’avis de la Commission, Beko a profité de la situation pour retarder la situation. Les mois passés, Beko et Miskovic géraient les « Vecernje Novosti » alors que nous attendions qu’ils nous fassent transférer les actions que nous avions payées. Peu de temps après, nous avons appris que le retard au sein de l’Agence était causé justement par Beko et Miskovic, par l’intermédiaire des gens qui travaillaient pour eux au sein du gouvernement et c’est alors que nous avons découvert, pour la première fois, qu’ils cherchaient à garder tant l’argent que les actions, ce qui était parfaitement possible selon, l’avis des avocats de Beko, si la Commission pour la protection de la concurrence ne rendait pas du tout d’avis.
En parallèle à ces évènements, moi-même et mes sociétés faisions l’objet d’une terrifiante campagne médiatique négative où nous voyions les rédacteurs en chef et politiciens se pressaient pour dire des choses négatives sur moi. Tout cela se passait en premier lieu dans les journaux contrôlait par Beko et Miskovic. Les derniers tentaient de me convaincre qu’en réalité tout était l’œuvre de Tadic et du DS. Je n’avais pas beaucoup de choix parce que je devait accomplir le projet en cours pour lequel j’avais émis des garanties en euros et je ne pouvait pas me permettre dans une telle situation de me faire de nouveaux ennemis. J’étais également en train de clôturer le projet de privatisation de « Putnik » avec Beko. Nous avions gagné 36 millions d’euros et lorsqu’il devait me verser ma part il a commencé à montrer son vrai visage et ses véritables intentions. Il a évité tout contact pendant des mois. Il a arrêté de répondre au téléphone. Par l’intermédiaire de son employé Goran Mrdja, l’ancien directeur exécutif de l’Agence pour la privatisation, il mentait à propos des versements. Nos contacts se sont raréfié pour ensuite complètement cesser. Nous restions en contact par l’intermédiaire de Drago Micovic qui m’a garanti, au nom de Dejan Mihajlov, que toutes les obligations contractuelles seraient remplies. Une autre raison pour Micovic d’agir comme garant s’explique par le fait que Beko et Miskovic insistaient que Micovic soit partie au contrat, ce qui faisait qu’il avait assumer des obligations. ANNEXE 10.
Dragi Micovic me transmettait des assurances de Beko que les actions allaient être transférées au plus tard en août 2008, comme c’était défini dans le contrat. En raison du mandat d’arrêt émis par la police serbe, j’ai été arrêté en Russie où j’ai passé presque 3 mois. Jusqu’à ma remise en liberté, mes problèmes en Russie ont été une raison supplémentaire que Miskovic et surtout Beko fassent tout leur possible pour ne pas faire transférer les actions de « Vecernje Novosti », en affirmant que je serais extradé vers la Serbie et que je ne sortirais jamais de prison. C’est alors que nos relations se sont dégradées et ont pratiquement cessé. La tentative de reprise de contacts à l’occasion de l’arrivée de Beko et Miskovic a Genève et par des appels téléphonique de Miroslav Miskovic pour affirmer qu’ils n’avaient rien à voir ni avec mon arrestation ni avec la campagne médiatique à mon encontre n’avait que temporairement fait cesser l’évident agacement mutuel. Beko m’a remboursé une partie de la dette alors qu’il me devait encore 8 millions qu’il éviter de me rembourser selon toute évidence.
BEKO ET MISKOVIC VONT VERS TADIC
Au lieu de me rembourser mon argent et fait transférer les actions, au cours du mois d’octobre 2008, Beko a résilié le contrat, prétendument en raison de la violation de la clause de confidentialité de ma part. Il citait comme témoins les plus proches collaborateurs de Boris Tadic, le président de la Serbie, dont le principal était Srdjan Saper, un ami proche du président. En me renseignant auprès de plusieurs sources sur ce qui se passait, j’ai appris que Beko était entretemps devenu proche de Tadic et de son parti le DS et que, après les élections de 2008, tant Beko que Miskovic affirmaient qu’ils avaient personnellement former le nouveau gouvernement dont le DS était le partenaire majoritaire. ANNEXE 11
Beko était alors convaincu que les actions, pour lesquelles il avait reçu de l’argent déjà en 2006, ne devait jamais rendre alors qu’il pouvait garder de l’argent. Pour cela, il avait besoin de soutient des politiciens et il disait avoir le soutient même du président de la Serbie. Le soutient des collaborateurs les plus proches de Tadic a rendu Beko tellement puissant qu’il a décidé de ne plus me rendre les 8 millions d’euros de dette. Il était convaincu qu’il allait s’arranger pour que je sois condamné à une longue peine de prison au cours d’un procès monté de toutes pièces par-devant le Tribunal spécial, raison pour laquelle il n’avait pas besoin de me rembourser la dette.
Aidé par les politiciens du DS, c’est alors qu’il a commencé à faire pression sur mes partenaires de WAZ pour qu’il résilie le contrat avec moi pour ensuite conclure un autre contrat directement avec les sociétés de Beko et que c’était la seule manière pour WAZ d’obtenir les actions des « Vecernje Novosti » après tout le temps et argent investi. Outre Beko, cela a été confirmé à WAZ par les représentants du DS et du gouvernement serbe ce qui a fait que, après toutes les pression, WAZ a résilié le contrat avec moi en décembre 2008 pour ensuite en conclure un autre, directement avec Beko et ses sociétés. Toutefois, comme WAZ m’avait transféré de l’argent que j’ai par la suite transféré à Beko par l’intermédiaire de ma société, mes garanties émise au profit de WAZ sont bloquées jusqu’au transfert des actions de « Vecernje Novosti » à WAZ. Cette situation reste inchangée à ce jour, en mai 2010, soit 17 mois après que j’ai été écarté du projet. Comme les propriétaires de WAZ sont devenus mécontents avec le projet d’acquisition des « Vecernje Novosti », ils ont fait appel aux garanties et ont ainsi pris les sociétés qui ont émis ces garanties. C’est ainsi que j’ai non seulement manqué de réaliser un gain en rapport avec ledit projet mais aussi j’ai subi un dommage s’élevant à plusieurs millions d’euros, en raison des garanties que j’ai fait émettre. Le dommage que je suis en train de subit est le fruit d’un agissement sans scrupule et criminel de Beko et Miskovic qui ont acheté les actions des « Vecernje Novosti » grâce à mon argent, soit celui de WAZ, il y a quatre ans et, au lieu de les rendre en conformité avec le contrat, ils ont gardé tant l’argent que les actions. Ces derniers mois, tant Beko que Miskovic était à la recherche d’un partenaire au gouvernement qui les aiderait à finaliser cette escroquerie. Beko va jusqu’à affirmer publiquement qu’il avait passé des accords dans ce sens avec Dragan Djilas et Srdjan Saper, haut fonctionnaires du DS et amis proches de Boris Tadic. Beko affirme qu’il contrôle le DS et Tadic par l’intermédiaire de ces deux personnes, qu’il contrôle la Commission pour la protection de la concurrence laquelle, malgré l’obligation légale de rendre l’avis, ne le fait pas depuis plus de deux ans. Sur la base de ses accords avec Djilas et Saper, Beko a démarré une campagne contre « WAZ » dans les « Vecernje Novosti » avec l’aide de Manojlo Vukotic, dans le but de créer l’impression que le transfert des actions signifierait la perte des valeurs nationales, la trahison de l’Etat et similaires allusions. Le but de cette campagne est le pur chantage de la part de Milan Beko qui ne remplit ses obligations, ne rend pas l’argent tout en demandant sans arrêt des fonds supplémentaires, en alléguant que le gouvernement a changé et qu’il doit aussier payer les « nouveaux venus ». Pour la même raison, ils ont forcé leurs employés, les rédacteurs en chef de « Blic », « Press » et « Vecernje Novosti » de publier un communiqué officiel le 16 mai 2010 dans lequel ils ont accusé WAZ et moi-même de vouloir créer un monopole sur la distribution des médias imprimés en Serbie ?! Cette déclaration est faite par ceux qui ont forcé WAZ d’interrompre la collaboration avec moi tout en sachant que je n’ai que des soucis financiers avec WAZ. Ce pamphlet a été signé par les rédacteurs en chef qui ont mené la campagne pour que « Futura Plus » soit confisqué et qui ont jubilé lorsque l’Etat l’a mis en faillite, sans mon accord et sans que je sois informé que cela allait se produire. Ils lance des accusations mensongères dans les médias au moment où les actions doivent être transférées au propriétaire et lorsque ils ont épuisé tous les arguments sur lesquels ils se fondaient depuis quatre ans pour éviter de remplir leurs obligations.
Pendant ce temps, ensemble avec Manojlo Vukotic, les deux autoproclamés maîtres de Serbie continue de piller les « Vecernje Novosti » et de détruire les avoirs de la société. Les résultats officiels montrent que les « Vecernji Novosti » ont accusé une perte en 2008 et 2009 de 6'836'532 euros, que le tirage est en chute libre tout comme des revenus de la société, ce qui dévoile la vrai mission de ces deux « entrepreneurs respectables ».
Je suis en possession de toute la documentation relative à toutes les informations et allégations susmentionnées. Je joins à la présente déclaration une partie de la documentation sur la base de laquelle il est possible d’ouvrir une enquête et procéder à l’analyse de tous les abus commis pendant la privatisation des « Vecernje Novosti ».
Je me tiens prêt à remettre l’ensemble de la documentation tout comme toutes les autres informations aux représentants du Parquet spécial à la prise de contact direct.
Compte tenu des circonstances, je pourrais être entendu par vous ou par vos représentants à Genève, où je vis. Je crois que vous aller accepter cette proposition et m’entendre de la même manière que vous l’avez fait avec Ratko Knezevic à Zagreb ou à Londres. Par ailleurs, j’ai été moi aussi récemment entendu par les Parquets de certains pays voisin de la Serbie et je crois que votre Parquet prendra la même décision.
Stanko Subotic
